LIVIUS ANDRONICUS
de Caton l'Ancien , et dans la Chronique d'Eusèbe. Des vers composés par lui et chantés par les vierges romaines, dans les jeux de la Jeunesse ordonnés par Livius Salinator , sont pareillement mentionnés par Tite-Live , Cicéron , et Sextus Pomponius. Cicéron, Horace, Quintilien , Donat , Suétone, Terentianus Maurus, en parlant des œuvres de ce poète, nous font connaître l'opinion que l'antiquité avait de son mérite littéraire; et les fragments de ses œuvres , recueillis d'abord par Estienne et par Scriverius , nous apprennent qu'il avait composé, indépendamment de sa traduction de l'Odyssée d'Homère en vers latins , des pièces dont les noms suivants ont été conservés : Achille, Adonis , vEgisthe , Ajax, Andromède, Antiope , les Centaures, le Cheval Troyen , Hélène, Hermione, Ino, Laodamie, Térée , Teucer. Une quarantaine de vers sont les seuls débris du Théâtre d'Andronicus et de son poème, qui aient pu être sauvés de l'oubli.
En essayant de composer la biographie de Livius Andronicus avec ces fragments et les témoignages laissés par les historiens sur le premier poète romain, nous ne pouvons recueillir que les faits suivants. Né, selon toute apparence, en 292 avant J.-C. (461 de Rome), amené à Rome, l'an 272, époque de la prise de Tarente, par Papirius Cursor, et Spurius Carvilius, il fit représenter sa première pièce en 241 avant J.-C. (512 de Rome), un an avant la naissance d'Ennius , sept ans avant celle de Caton l'Ancien. Vers l'an 207 avant J.-C. (54G de Rome), étant fort âgé, il peut avoir composé les vers chantés dans les jeux de la Jeunesse, et il mourut sans doute peu d'années après.
C'est à ce peu d'indications que se bornent les détails authentiques que l'on peut fournir sur Livius Andronicus et ses œuvres ; et ma tâche serait accomplie, si, au heu de faire connaître simplement le résultat des discussions élevées au sujet de ce poète
par la critique ancienne et moderne , je ne nie proposais de donner le spectacle môme de cette discussion ; ce qui m'offrira l'occasion de montrer comment il est possible, avec si peu de données, de composer un grand nombre de volumes, et combien de difficultés la critique littéraire rencontre, quand il s'agit d'un de ces anciens auteurs, dont les ouvrages n'ont pu parvenir jusqu'à nous.
Les textes laissés par les auteurs anciens et recueillis par de savants éditeurs , sont , en quelque sorte , la matière première sur laquelle peut s'ouvrir la discussion : les différentes difficultés qu'ils soulèvent ont été l'objet de plusieurs savants mémoires, qu'il faut ensuite consulter , si l'on désire se former une opinion raisonnée. Les principaux sont une dissertation de Dollen , sur la vie et les écrits de Livius ; deux ou trois chapitres des Analecta critica d'Osann ; un examen, fait par Regel, des opinions des savants sur la tragédie romaine ; les Vindiciœ Trajœdiœ romance , de G. Langius; une dissertation de Weichert sur le poète Livius; la collection des Fragments de Livius Ândronicus, par Diintzer.
En ajoutant à ces ouvrages les chapitres qui concernent Livius Andronicus, dans les histoires de la littérature romaine, telles que celles de Fabricius, de Schoêll et deBaehr, et l'ouvrage trèsrare de Sagittarius (Commentatio de vita et scrlptis Livii Andronici, etc. ) , on aura réuni les pièces les plus importantes de ce procès littéraire.
La patrie et le heu de naissance de notre poète devaient d'abord attirer l'attention des savants. Il était grec, l'opinion est unanime sur ce point : les fragments de ses poésies , bien étudiés, donnent des exemples de locutions et de manières d'écrire qui ne peuvent appartenir qu'à un Grec. On ne doute pas non plus qu'il n'ait été amené de Tarentc à Rome. Mais à quelle époque ?