‹ Le théâtre au PortugalChapitre 5 sur 19 · LE THÉÂTRE DONA 3IARIA II · texte numérisé non relu

LE THÉÂTRE DONA 3IARIA II

la Vie de Bohême y Y Oncle Sam, le D' Wesfre, de Sudermann, Beaucoup de bruit pour rien, de Shakespeare, le Malade imaginaire, de Molière, Frei Luiz de Souza, le chef-d'céuvre de Garrett, et des pièces originales de MM. Joâo da Camara, Marcellino Mesquita, Lopes de Mendonça, Lino d'Assumpçào.

— Et comment appelez-vous les principaux artistes ?

— Brazâo, Joâo Rosa, Augusto Rosa (les trois directeurs), Alves, Ferreira da Silva, Antunes, A. Santos, Alvaro Cabrai, Chaby Pinheiro, Bayard, etc. Du côté des femmes : Rosa Damasceno, Anna Pereira, Garolina Falco, Lucinda et Lucilia Simoès ^ etc. Je ne cite naturellement que les principaux emplois.

— Mais où ces comédiens et ces comédiennes apprennent-ils les premières notions de leur art?

— Ah ! voilà ! Jadis il existait un conservatoire de déclamation qui était comme l'annexe, comme l'école préparatoire de notre Théâtre normal. Mais ce conservatoire a été fermé sous prétexte d'économie, et aussi d'inutilité. La vérité serait plutôt de dire qu'il fut toujours mal

* Toutes deux au Brésil pendant notre séjour au Portugal. Nous ne pourrons donc pas en parler.

organisé. Il y a bien M. Eduardo Schwalbach, un esprit très éclairé, un fanatique de théâtre, et surtout un auteur très applaudi, qui s'est occupé d'ouvrir une Ecole dramatique sur des bases solides. En attendant, les artistes s'apprennent à dire les uns aux autres. Les anciens montrent aux nouveaux ce qu'il faut faire.

C'est comme pour la direction de ce malheureux théâtre! continua mon compagnon. Personne ne peut mettre en doute la bonne volonté ni l'intelligence hors ligne des impresarii actuels. Mais ne pourrait-on pas, comme le demandait dernièrement le journal 0 Tempo^ laisser la direction du Théâtre normal à la charge de l'Académie royale des sciences?

— Mais, interrompîmes-nous, l'administration directe de l'Etat ne serait-elle pas dans ce cas plus simple, et surtout plus pratique ?

— L'Académie compte dans son sein les premiers hommes de lettres du Portugal, nous fut-il répondu. JN'est-ce pas à eux qu'il appartient de relever le niveau de notre littérature dramatique? L^Etat? Ah! monsieur, que ditesvous? Mais si Garrett, le créateur de notre théâtre portugais moderne, venait à ressusciter, s'il lui était donné de voir la direction de son

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œuvre grandiose aux mains de secrétaires d'Etat, il en mourrait une seconde fois de chagrin, le pauvre homme ' !

Nous allions répliquer par l'exemple de la Comédie-Française régie par des artistes sous la direction d'un administrateur relevant lui-même du ministère des Beaux-Arts, lorsque le sextetto de rigueur commença ses accords, précédant de quelques minutes le lever du rideau. Remettant donc la suite de la discussion à des temps meilleurs, nous nous accommodâmes le mieux possible dans notre fauteuil canné, et nous nous préparâmes à écouter 0 Régente (le Régent), drame historique en prose, en cinq actes, un prologue et onze tableaux, de M. Marcellino Mesquita.

' Cette opinion, que Ton pourrait nous attribuer, a été émise tout au long dans un numéro du journal 0 Tempo de mai 1897, et reproduite dans 0 Jornal do Commercio du 15 mai. Ce sont donc absolument des Portugais qui parlent.

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