II
158 EGHOKT.
BRAGKEK BOURG.
Nou! vis, oh! vis avec nous, comme nous pour toi seule! Tu nous tues eu te tuant! Ah! vis et souffre. Nous resterons inséparables auprès de toi ; Famour te rendra l'espérance, et dans ses bras vivifiants tu retrouveras peut-être la plus belle des consolations. Sois à nous!... à nous!... je n'ose dire à moi.
Silence, Brackenbourg ! tu ne sens pas le mal que tu me lais. Où tu vois Fespérance, je vois le désespoir.
BRACKENBOURG.
Partage l'espérance avec tous ceux qiii respirent! Arrêtetoi sur le bord de Tabime, jetles-y un regard, et ramène-le sur nous.
GLAIRE
J'ai triomphé; ne me force pas de recommencer la lutte.
BRACKENBOURG.
La stupeur t'accable ! tu cherches le précipice dans l'obsculité... mais toute lueur n'est pas éteinte encore; plus d'ua jour...
CLAIRE
Malheur, malheur sur toi! Barbare I tu déchires le voile qui couvrait ma vue. Oui, il poindra le jour ! en vain s'enveloppera-t-il de nuages, il poindra malgré lui ! ... Le bourgeois tremblant se penche à sa fenêtre, il regarde : la nuit a disparu, mais en laissant après elle une tache sombre; il regarde, et l'échafaud se dresse terrible à la clarté du jour. Bendue â ses supplices, l'image profanée d'un Dieu lève pour la seconde fois vers son père des yeux en pleurs. Le soleil n'ose se montrer ; il ne veut point marquer l'heure où Egmont doit mourir ! les aiguilles marchent lentement, et l'une après l'autre on entend sonner les heures... Arrêtez! arrêtez! voici l'instant ! le froid du matin me pousse dans la tombe.
Elle s'approche de la fenêtre, comme pour voir ee qui se passe dehors,
et boit fartivement.
BRACKEKBOORG.
Ciaprclieu ! Claercheii !