‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 109 sur 390 · ACTE Y · texte numérisé non relu

ACTE Y

CLAIRE, prend sur la table le Terre d'eau et la boit.

Voici le reste! Je ne t'engage pas à me suiyre, fais ce que t'inspirera ton cœur; adieu. Éteins cette lampe; allons, point d'hésitations. Moi, je vais dormir ! Sors sur la pointe des pieds, et tire après toi la porte. Silence! ne réveille pas ma mère! Va, sauve-toi ! sauve-toi, te dis-je, si tu ne veux pas passer pour mon assassin.

Elle Mirt.

BRÀCKENBOtJRG, seul.

Elleme quitte pour la dernière fois, comme elle m'a toujours qmtté! Oh! quelle âme humaine pourra comprendre jusqu'à quel point elle a pu déchirer mon cœur... Elle me laisse là, livré à moi-même, et la vie et la mort me sont également insupportables... Mourir seul!... Pleurez, vous qui savez aimer! Quel sort plus cruel que le mien! Elle partage d'abord avec moi la coupe de la mort, et me rejette ensuite, me rejette loin d'elle! Elle m'attire d'abord, et puis me repousse dans la vie! 0 Egmont, de quel prix inestimable est le sort qui t'attend ! elle te précède : c'est de sa main que tu vas recevoir la palme. Déjà elle entraîne tout le ciel au-devant de toi!... Et dois-je les suivre pour me tenir encore à l'écart, attrister ces belles demeures, y porter l'envie qui ne s'éteint jamais?... Hélas! sur cette terre, il m'est impossible d'y rester, et le ciel et l'enfer m'offrent les mêmes supplices ! — Qu'il serait doux à l'infortuné de se sentir saisi par la main iroide de l'anéantissement 1

Brackenbourg sort ; la scène re&te quelque temps vide. 6n entend une musique exprimant la mort de Glaire. La lampe que Brackenbourg a oublié de souffler, jette encore quelques éclats et s'éteint. Alors seulement la scène change, et le théâtre représente la prison.

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