‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 110 sur 390 · U PRISON · texte numérisé non relu

U PRISON

Egmont dort sur le lit. Tout à coup un bruit de clefs se fait entendre, et la porte s'ouvre. Des domestiques entrent avec des flambeaux; ils sont suivis de Ferdinand, fils du duc d'Albe, et de Silva, entouré de soldats. Egmont 8*éveille en sursaut.

Qui êtes-vous. vous qui venez si brusquement interrompre

100 BGMOIIT.

mon sommeOf Pourquoi ces regards inquiets, effrontés? que m'aimoncent-fls? Dites, quel est le rêve dont tous voulei effrayer mes esprits encore appesantis?

SILTA.

Le duc nous envoie pour te notifier ta sentence.

Âmènes-tu aussi le bourreau pour l'exécuter?

SILTA.

Écoute, et tu sauras ce qui t'attend.

C'est bien digne de tous et de vos lâches menées ! machiné dans la nuit, et dans la nuit consommé. Vous £aiites bien delà dérober au jour, cette œuvre d'insolence et d'injustice... Allons, toi, ne cache pas le glaive sous ton manteau ; voici ma tête.. . la plus libre que jamais la tyrannie ait fait tomber.

SILVA

Tu es dans l'erreur : ce que des juges intègres décident, ils ne craignent pas de le montrer au grand jour.

Alors, l'insolence est portée à un excès qui passe toute idée et toute imagination.

SILVA prend la sentence des maias d'an assistant, U déploie et lit :

c Au nom du roi, et en vertu du pouvoir spécial à nous « transmis par Sa Majesté de juger tous ses sujets, de c quelque condition qu'ils soient, y compris les chevaliers de la « Toison d'or, nous reconnaissons... »

EGMOKT.

Le roi peut-il transmettre ce pouvoir?

SILVA

« Nous reconnaissons, après une enquête scrupuleuse et « légale, que toi, Henri, comte d'Egmont, prince de Gavre, « tu t'es rendu coupable du crime de haute trahison. A rai- < son de quoi nous oitlonnons ce qui suit : qu'au point du « jour, tu seras transféré du heu de ta prison sur la place du « Marché, et que là, aux yeux de tout le peuple, pour l'in- « struction des traîtres, tu seras mis à mort par l'épée. Donné

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