‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 202 sur 390 · ACTE IL · texte numérisé non relu

ACTE IL

moment où il ^ passer outre. N'ai-je pas fait entendre un cri

de ce genre?

L4 MARQUISE

Oui, VOUS nous avez eiïrayés. Chose étonnante et bizarre l là part.) Quelle eflrouleriel

us COMTE.

Hais vous ne pouvez concevoir à quel point je suis fatigué. Toutes mes ailiculations sont comme rompues. J'ai besoin de quelques heures pour me remettre. Vous ne vous doutez point décela; vous pensez qu'on peut tout faire commodément avec une baguette magique.

LE MARQUIS

Homme vénérable et surprenant ! (A. part.) Le menteur !

LA HIÈCE, 8*approchaDt du comte.

Vous m'avez donné bien de Tinquiélude, monsieur le comte.

LE COMTE

Aimable enfant, quelle naïveté! (a la marquis.) C*est votre nièce?

LA MARQUISE

Oui, monsieur le comte ; elle a perdu depuis peu sa mère ; élevée à la campagne, elle n'est à la ville que depuis trois jours. ,

LE COMTE, regardant fixement la niàce.

Ainsi donc, Uriel ne m'a pas trompé.

LA MARQUISE

Uriel vous a parlé de ma nièce?

LE COMTE

Non pas directement; il m'a seulement préparé à la voir.

LA NIÈCE, bas an marquis.

Ciel ! il sait tout; il va tout trahir !

LE MARQUIS

Calmez-vous et écoutons.

LE COMTE

Tétais ces jours-d dans une grande perplexité en méflifant nir l'importante action qui doit avoir lieu aujourd'hui. Aus-

300 LE GRAND GOPHTE.

sitôt que le Grand Cophfe se sera manifesté à tous, il jettera les yeux autour de lui et (iemandera : Où est l'innocente? où est la colombe? Il faudra que je lui présente alors unis jeune fille suns tache. Je cherchais où je pourrais la trouver, comment je pourrais la làire (onduire ici. Driel souril alors et me dit : « Console-toi, tu la trouveras sans la chercher. Quand tu reviendras d*un giand voyage, la plus belle, la plus pure colombe se présentera devant toi. » Tout s*est accompli, sans que je pusse le prévoir. Je reviens d'Amérique, et cette innocente enlant est devant mes yeux.

LE Marquis, bas.

Uriel, cette fois, s*est grandement trompé.

LÀ NIÈCE, bas.

Je tremble, je chancelle!

LE MARQUIS, bas.

Écoutez donc jusqu'à la fin. (Haut.) Une jeune fiUe innocente doit être présentée au Grand Cophte? le Grand Gophte vient de l'Orient? Je ne pense pas...

LE COMTE

Éloignez toute idée étrangère, toute idée malveillante, (a ii nièce, d'une voix douce et amicale.) Approchez, mon enfant; soyez sans crainte, approchez. Bien, comme cela, liontiez-vousde cette manière au Grand Cophte. Ses yeux pénétrants vont vous éprouver. U vous conduira devant un cristal d'un éclat éblouissant; vous y apercevrez les esprits qui réf)ondenlà sa voix, vous jouirez du bonheur vers lei]uel les autres aspirent en vaiu, vous iustruirez vos amis, et aussitôt vous prendrez un rang distingué dans la société vers laquelle vous marchez; vous, la plus jeune, mais aus^i la plus pure. Parions, marquise, que cette enfant verra les choses qui rendent le chaiioine si heureux. Parions, marquise?

Là MARQUISE.

Parier! avec vous qui savez tout!

LA NIÈCE qui, jusqu'alors, a cherché à dissimuler son embarras.

Ëi arguez-moi, monsieur le comte, épargnez-moi, je vous en prie.

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