ACTE III
et d'écrire. Impatiente, elle se lève. Les esprits disparaissent, ^iie détourne son visage.) Laissez-moi un instant.
LE COHTE.
De la patience, mon enfant : si tu savais qui te protège !
l\ la fooiient.
LE CHEVALIER, à part. *
Qu'elle est aimable! qu'elle a d'attraits dans son innocence ! Jamais jeune 6IIe ne m'a autant ému ; je n'ai jamais senti un entraînement semblable. Que je prends intérêt à cette chère enfant! Certainement le chanoine, la lante... L'esprit céleste ne soupçonne pas dans quel danger elle flotte. Que je Favertirais, que je la sauverais volontiers, si je pouvais m'oublier jusque-là !
LE COMTE
Remets-toi, ma colombe. Regarde. Certainement tu as quelque chose encore à nous dévoiler.
LA NIÈCE, regardant le globe.
Elle va à la cheminée; elle regarde le miroir. Ahi !
LE COMTE
Quéprouves-tuî
LA NIÈCE
Ahi!
LA MARQUISE
Qu'as-tu donc?
LA NIÈCE
Ah ! c'est le chanoine que le miroir lui représente.
LE CHANOINE
0 félicité ! maître, comment te remercier? tu fais tout cela pour moi 1
LA NIÈCE
Elle regarde dans le miroir; elle sourit. Le chanoine a dis* paru. Elle se voit elle-même.
LE GHEVAUER.
Qudle puissance merveilleuse ! quels dons célestes !
LA NIÈCE, avec une expression de joie sentimentale.
Ab! maintenant je vois tout clairement : je vois une beauté
ravissante, un visage charmant. Comme la tristesse qui se répand sur ces traits lui sied bien !
LE CUAMOIRE, qui, jusque-là, a tenu les mains du comte et les
a baisées fréquemment.
Tu donnes à ton serviteur un bonheur inexprimable, indéfmissable
LA KIÈCE.
Elle est inquiète; la chambre lui semble trop étroite; ello marche vers une porte vitrée; elle veut sortir... Ah'.ah!...
LE COMTE
Raffermis ton courage; un seul instant encore 2 regarde encore une fois.
LA NIÈCE, troublée.
Les esprits se tiennent à ses côtés; ils ouvrent les portes; l'obscurité règne au dehors.
LA MARQUISE au chauoine.
Elle va au devant de vous.
LE CHANOINE
Est-il possible !
LA MARQUISE
Tu le verras bien!
LA NIÈCE
Âh!
Elle tombe évanouie.
LE CHEVALIER
0 Dieu ! secourez-la ! épargnez-la ! Il est impardonnable d'avoir prolongé ainsi cette expérience.
LA MARQUISE
Voici des sels.
Les principaux personnages se pressent autour d*ellé. Les jeunes gens ^^ tent l'avant-scène et marchent vers le milieu du théâtre. Lès enfants te joignent timidement à eux. Tout cela forme un beau groupe, mais es même temps un tableau qui exprime l'effroi.
LE COMTE
Gontiez-la à mes soins; il n'est qu'un baume céleste qui U puisse rétablir.
Lt toile tombe.