‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 257 sur 390 · ACTE Y · texte numérisé non relu

ACTE Y

LE COLONEL

Ces perfides ont abusé de votre faiblesse pour vous pousser aux actions les plus condamnables. Que pouvez-vous attendre?

LE CHANOINE

Monsieur le colonel...

LE COLONEL

Rassurez-vous, et apprenez d*abord que le prince pense assez noblement pour n'imposer encore cette fois à votre élourderie, à votre témérité, qu'une punition légère; que dis-je, une punition? il veut plutôt essayer, pour la seconde fois, s'il est possible de vous corriger et de vous rendre digne de vos ancêtres. Votre éloigneraent de la cour, qui dure depuis deux ans, tous a bien peu proûté. Je vous annonce que vous êtes libre, mais avec la seule condition que vous quitterez le pays sous huit jours, en prétextant un long voyage. Tout sera concerté avec votre oncle, que le prince fêtime particulièrement et honore de sa confiance. Vous pouvez retourner librement dans votre voiture, après que vous aurez appris, néanmoins, de quelle nature est Taffaire de bijoux dans laquelle vous êtes engagé.

LE CHANOINE

Que vais-je apprendre? quel nouveau coup m'attend ?

LE COLONEL, au marquis.

Remettez- moi d'abord les bijoux qui sont dans votre poche.

LE MARQUIS

Des bijoux! je n'en ai pas connaissance.

0N SUISSE

Il a jeté là-bas quelque chose dans le taillis. Cela ne doit pas être loin.

Il cherche et rapporte la cassette, quMl présente au colonel.

LE COLONEL

Ne niez pas davantage ; tout est connu. (A la marquise.) Où sont les autres pierres? Dites la vérité, vous ne retournerez pas chez vous, et chez vous, en ce moment, tout est sous le n. 31

ZGi lE GRAND COPUTE.

sjclié. Héritez riudulgence avec laquelle on s'apprête à vous traiter.

LA MARQUISE

Les voici. (Elle présente récnn.) Je ne pensais pas m'en serrer!

LE COLONEL) au chanoine.

Oo rendra les bijoux aux joailliers, el Ton retirera ea éctiange votre obligation. Vous remettrez, de votre côté, la fausse signature de la princesse. Je ne vous retiens plus; vous pouvez vous retirer.

LE CHANOINE

Oui, je loe retire. Vous m'avez vu confondu; mais ne croyez point que je sois abaissé; ma naissance me donne des droits aux premiers emplois de l'État. Nul ne peut m'enlever ces avantages,- et encore moins arracher de mon cœur ia passion que je ressens pour ma princesse. Dites-lui combien cette illusion m'a rendu heureux. Dites-lui que toutes les humiliations que j'éprouve ne sont rien auprès du chagrin de m'éloigner d'elle davantage; d'aller cherther un pays où mes yeux ne pourront plus même l'apercevoir; mais son image et l'espérance ne quitteront pas mon cœur tant que je vivrai : dites-lui cela. Quant à vous, je vous méprise. Vous étiez à ma passion ce que l'insecte est à un arbre vigoureux; il en consume le feuillage, et l'arbre perd sa fraîcheur au milieu de Tété; mais le cœur et les racines sont hprs de ses atteintes. Allez ailleurs chercher une autre pâture.

Le chanoine sort.

LE COLONEL

Pour les autres, ils seront conduits sans bruit et sous bonne escorte à une place frontière, jusqu'à ce qu'on ait suffisamment examiné s'ils n'ont pas, par hasard, étendu plus loin leurs friponneries. S'il se trouve qu'ils ne sont impliqués dans aucune autre mauvaise affaire, on les mettra tout àûOr cément hors de ce pays, et Ton se délivrera ainsi de cette raos de fourbes. Ils sont justement quatre, une voiture complète.

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