‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 268 sur 390 · HA&TIN · texte numérisé non relu

HA&TIN

C'est loin.

SCHNAPS

Depuis plus de six mois, on fait tous les efforts imaginables...

MARTIN

Poursuivez, de grftoe.

SCHNAPS

Pour me gagner à la cause de la liberté et de l'égalité.

MARTIN

Cela serait-il possible?

SCHNAPS

On connaît à Paris la portée de mon intelligence.

MARTIK.

Eh! eh!

SCHNAPS

Mon adresse.

MARTIN

Gela est curieux.

SCHNAPS

Bref, depuis six mois, messieurs les jacobins tounient autour de moi comme les chats autour de la bouillie cliaude.

MARTIA

J^en suis on ne peut plus surpris.

SCHNAPS

Enfin, il y a huit joui-s, on m'a fait venir à la ville.

MARTI»

Vous disiez que vous alliez y porter vos soins i un étranger qui s'était cassé la jambe.

SCHNAPS

On me Tavalt dit aussi.

MARTIN

Nous en fûmes surpris.

SCHNAPS

Et moi de même.

MARTIN

Gomme s'il n'y avait pas de cliirurgien à la ville!

SCHNAPS

Quoi qu'il en soit, je fus surpris, et j'y allai.

MARTIN

Et vous avez bien fait.

SCHNAPS

Je trouve mon patient.

En vérité?

SCHNAPS

Et comme je levais l'appareil mis à son pied..,

MARTIN

Alors?

SCHNAPS

Je le trouve aussi sain que le mien.

MARTIN

Vraiment?...

' SCHNAPS

Je demeure stupé&it.

IIARTUI,

Je le crois.

SCHNAM,

Le monsieur se met à rire..

384 LE GÉNÉRAL GITOTEH

MABTIH.

Natarellement

SCHKAPS.

Et me saute au cou.

Est-il possible?

SCHNAPS

Citoyen Schnaps! s'écria-t-il.

MARTIN

Citoyen Schnaps? voilà qui est curieux

SGHNAPS.

Digne frère I

MARTIN

Continuez.

SCHNAPS

En un mot, il m'a tout découvert.

MARTIN

Hais quoi?

SCHNAPS

Qu'il était un envoyé.du club des jacobins.

MARTIN

Quel air avait-il?

SCHNAPS

L*air de tout le monde.

MARTIN

N*avez-vous pas été intimidé devant cet homme?

Moi, intimidé!

MARTIN. ^

Et vous vous êtes entretenu avec lui, comme avec 1 «n ^^ vos égaux?

SCHNAPS

Naturellement; tous les hommes sont égaux.

MARTIN

Hais continuez.

SCHNAPS

Quoi ! dois-je vous raconter tout en détail?

•MARTIN

Je récouterai bien volontiers.

SCHNAPS

11 me reçut dans son intimité.

MARTIN

Comment cela s'est-il passé?

SCHNAPS

Avec beaucoup de cérémonies.

MARTIN

Je voudrais bien le connaître.

Vous pourrez tout voir.

MARTIN

Gomment donc?

SCHNAPS

Faites attention! Vous voyez cette trousse : eh bien, tout le mystère est là dedans.

MARTIN

Est-il possible?

SCHNAPS

Examinez.

MARTIN

Voyons.

SCHNAPS

Procédons par ordre.

MARTIN

Commençons.

SCHNAPS) après une pau:»».

D abord il m'embrassa à plusieurs reprises»

MARTIN

C'est un homme bien élevé.

SCHNAPS

Que le diable le lui rende!

Je ne pensais pas...

SCHNAPS

Puis il me remit...

U tire de sa trousse un bonnet rongt, lu 93

S0O LE GÉNÉRAL GITOTEH.

MARTIll. .

Le chaperon roige? tous n'êtes cependant pas marié.

SCHNAPS

Ignorant! le bonnet de la liberté,

HAfiTUr*

Voyons.

sghuaps.

Et il me le mit SOT la tête.

n te coiffe dnboimeL HARTIR.

Vous ayez l'air jovial comme cela.

SCHNAPS

Puis rhabit.

n tire un uniforme oompleL KARTIlf.

Un costume galant!

Aidez-moi, compère; il est un peu étroit.

MARTIN, en se donnant de la peine pour le lui passer.

Oh! oh! quel embarras! comme il est gênant!

SCHNAPS

C'est l'uniforme de la liberté.

HARnN*

Ih foi, j'aime mieux ma large veste de paysan.

SCHNAPS

Hais voyez, que dites-vous du sabre?

HARTIN.

Bon.

SCHMAPSé

Et la cocardef

MARTOI.

Est-ce la cocarde nationale?

SCHNAPS

Sans doute.

U rattadie I son cbapaïa.

KARTIN.

Conune cela pare un vieux chapeau I

SCHNAPS

En porteriez-vous bien une pareille?

IB GÉRfiRAL CITOYEN. 387

Martin.

Cela dépend. •• >

SCHNAPS

C*est ainsi que l'étranger m'a accommodé !

KÂRTni.

Lui-même?

scmiAPs.

Sans doute; nous nous servons aujourd'hui les uns les

autres.

KÂRTm.

Voilà qui est bien.

SCHNAPS

U me disait...

MARTIN

Je suis curieux...

SCHNAPS

J*ai beaucoup gagné de partisans dans le pays.

MARTIN

Cela est-il vrai?

SCHNAPS

Mais il n'est aucune personne en qui j'ai placé plus de <îonfiance qu'en vous.

Voilà qui est flatteur.

SCHNAPS

Remplissez donc mes espérances...

MARTIN

Et comment?

SCHNAPS

^ Allez trouver vos amis, et faites-leur connaître nos principes.

MARTIN

Exposez-les-moi.

SCHNAPS

Tout de suite. — Et quand vous aurez rassemblé mille honnêtes gens...

588 LE GËNËRAL GITOYEH.

MARTIN

Mille honnêtes gens! c'est beaucoup.

SCHNAPS

Gens bien pensants et gens de cœur.

MARTIN

Eh bien?

SCHNAPS

Alors commencez la révolution dans votre village.

Dans notre village? Ici, dans notre village?

SCHNAPS

Sans doute!

MARTIN

Dieu nous en préserve !

SCHNAPS

Et où donc, s'il vous plaît?

MARTIN

Eh! que sais-je? là ou là-bas; partout, excepté ici.

SCHNAPS

Écoutez-moi bien ; voici l'important de la chose.

MARTIN

Encore quelque chose de plus important?

SCHNAPS

Commencez la révolution, me dit-il.

MARTIN

Ciel et miséricorde !

SCHNAPS

Je vous donne pour cela autorité plénière, et vous nommô à cette fin...

MARTIN

Quoi?

Général citoyen.

MARTIN

Général ! monsieur Schnaps? Monsieur Schnaps, cela sonne presque cpmme gouverneur des Indes orientales.

SGHNÀP8.

Paix I ce n'est pas le moment de plaisanter.

KÀRTIN.

11 paYaît.

SCHNAPS

En signe de TOtre promotion, je vous donne celte mous* tache.

MARTUf.

Une moustache?

SCHNAPS

Que doit porter tout général citoyen.

MARTIN

Est-il possible?

SCHNAPS, après s'être attaché la moastache.

Vous avez maintenant im signe distinctif...

MARTIN

En vérité.

One autorité!

MARTIN

C'est stupéfiant.

SCHNAPS

Et à la tête d'hommes libres, vous ferez des merveilles.

MARTIN

Sans doute, monsieur le général.

SCHNAPS

On ne dit point : monsieur le général. On dit : mon général, citoyen général 1 aucun homme n'est monsieur.

MARTIN

Mon général.

SCHNAPS

Qu y a-t-il, citoyen?

MARtlN.

Je ne suis qu'un paysan.

SCHNAPS

Nous sommés tous citoyens.

100 ht QÊNtRAL GITOTBH.

VABnH.

Dites-moi seulemeot où tend tout oelat

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