MART
Plus doucement.
Que pouvez-vous dire? Vous êtes un audacieux! (Allant pié* cipitamment vers rarmoire.) Vous avez des magasins fermés.
MARTIN
C'est l'armoire au lait de Rose.
SCHNAPS, naturellement.
Fi ! il ne faut pas sortir de la comparaison.
MARTIN
Oui, bien*
400 LE GÉNËRiL GIT0YB5.
SGHHÂPS, commte tupar»nnt.
Et ces coffres verrouillés? ,
lUBTIK.
Ce sont des habits.
SCHNAPS
Où sont les clefs?
VARTIII.
' Rose les a emportées. Elle est très-ménagère, très-soigaeuse; elle ferme tout et porte sans cesse les clefs sur elle.
SCHNAPS
Subterfuges, divagations! où sont les clefs?
MARTIN
Je ne les ai point.
Alors je brise tout.
U tire Bon sabre et attaque VannoW.
MARTIN
Est-ce que le diable est à ses trousses?
SCHNAPS
C*est seulement pour vous donner une idée.
MARTIN
Laissez cela.
SCHNAPS
Quoil vous voulez vous opposer...
11 entame, fiait saater les gondf.
MARTIN
Êtes-vous donc possédé du diable?
SCHNAPS
B faut que cela saute! (ii briseO Cric, crac.
MARTIN, courant éperdu.
Rose, Rose, où es-tu?
SCHNAPS, brisant.
CiriCy crac.
MARTIN
George 1 George!
SCHNAPS
Silence! et songez que tout ce que j'en fais n'est que F manière de conversation.
LE GÉNÉRAL GlTOYEll. 401
MARTIR
Par manière de conversation ! Je pensais qae cela se comprenait sans cela.
SCHNAPS
Songez donc : tous êtes maintenant le seigneur.
Cependant Tarmoire s'ouvre.
MARTIN
Dieu me préserve! voilà Tarmoire ouverte! Les gonds sont
brisés, la serrure ruinée. Que dira Rose? allez-vous-èn au
diable ! Savez-vous que je ne puis souffrir cela? que ce sont
^ des grossièretés, de méchantes plaisanteries, que j'appellerai
les voisins, que j'irai chercher le juge !
SCHNAPS, qui, pendant ce temps, a inspecté rarmoire et visité
les pots.
Chez le juge, votre ennemi mortel? ce drôle si fier?
MARTIN
Peste!
SCHNAPS
C!omprenez que vous serez juge vous-même quand une fois nous aurons élevé ici Tarbre de la liberté.
MARTIN
Juge? je sais bien comment je deviendrai juge de canton.
SCHNAPS
Les temps sont changés, on ne trompe plus personne.
MARTIN
Cela me ferait plaisir.
SCHNAPS
On ne fait plus de dupés.
MARTIN
Cela m'est fort agréable.
SCHNAPS. '
Maintenant, avant tout...
MARTIN
Faites que je sens juge.
SCHNAPS
Sans doute. Mais avant tout, écoutez de quoi il s'agit.
40S lE GËNÉRAL GITOYEH
MARTIH.
D s'agir de refenner les armoirei •
BGHIUPS.
Pas du Umt.
KARTlir.
De replacer les goads.
SCHNAPS
Nullement. D s'agit de vous faire concevoir poorcpoi l'oa m'a élu général.
VARTIH.
Oui, vrai, je ne vois pas trop clairement poorqw»;
SCHNAPS
Ainsi exempli gratid.
VARTni.
Encore un exemple!
schuaps.
Nous n*en avons pas encore eu.
VARTIll.
Trop.
SCHNAPS
Ainsi je dis...
n prend un grand pot de lait et le plaee anr la table.
MARTIN
Au nom du del, ne touchez pas à ce pot I Rose a ditqae c'était ce qu'elle avait de mieux.
SCHNAPS
Je suis heureux de savoir cela.
MARTIN
Prenez du moins un petit pot, puisqu'il faut que cela soit ainsi.
Non, j'ai besom du plus grand pour mon exemple.
MARTIN
Maintenant, je vous dis franchement que je ne veux rien savoir de toutes ces farces-lâ.
SCHNAPS
Ouaist
LB GÉNÉRAL GITOTEH. 403
MàRTIH.
Et ^'il faut décamper de la maison.
bchnâps.
Oh!
HÂRfiR.
Et que je ne yeux entendre absolument rien.
SCHNAPS
Vous ne voulez rien entendre?
vàrtin.
Non,
SCHNAPS
Vous ne voulez rien savoir?
Martin.
Non«
SCHNAPS
Rien apprendre?
Non.
SCHNAPS tire son sabre.
Sachez donc que je vais vous ouvrir Tintelligence.
MARTIN
Avec le sabre? c'est une joli© manière.
SCHNAPS, le prenant au corps.
Sachez donc que vous êtes obligé de vous instruire, d'apprendre les idées nouvelles, qu'il faut que vous deveniez profond, et que vous êtes tenu d*être libre; il faut que vous vous soumettiez à l'égalité, bon gré, mal gré.
MARTIN, à part. «^
George, George, que n'arrives-tu! je me garderais bien de le cacher!
SCHNAPS
Vous consentez donc à écouter?
MARTIN
Certes.
SCHNAPS
Et n'avez nulle répugnance à vous instruire?
4M LE GÉNÉRAL GITOTES.