SCÈNE II LA MAITRESSE DE LA GOUR, seule
D'orgueilleuses menaces ne m'effrayeront pas ; déjà dqpuis longtemps je vois couver le feu qui va bientôt s'échapper en flammes dévorantes. 0 ma chère enfant! pour te sauver, il faut t'arracher aux doux rêves du matin de ta vie. Une seule espérance apaise ma douleur; mais elle s'enfuît lorsque je veux la fixer. Eugénie, si tu pouvais renoncer à un bonheur qui te semble sans bornes, mais au seuil duquel t'attendent les dangers et la mort, et pour le moins l'exil! Que je voudrais t'éclairer, te découvrir les chemins cachés où la ruse de tes cruels persécuteurs t'épie en silence! Mais, hélas! je dois me taire, je ne puis t'instruire que d'une manière détournée ; et me comprendras-tu bien, dans l'étourdissemeut de ta joie?