‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 39 sur 390 · TH0A · texte numérisé non relu

TH0A

Obéis à ton devoir, et non pas à un maître I

IPHIGÉNIE

Arrête ! et ne pare point de beaux dehors ta puissance, qui se joue de la faiblesse d'une femme. Je suis née aussi libre qu'un homme. Si le fils d'Agamemnon était debout devant toi et que tu exigeasses, une injustice, il a aussi une épée et un bras, lui, pour soutenir ses droits. Moi, je n'ai que des paroles, et il convient à l'homme généreux d'avoir égard aux paroles d'une femme.

THOAS

J*en lais plus de cas que dp Tépée d'un frère.

IPHIGÉNIE

La chance des armes est incertaine. L'homme prudent ne méprise aucun ennemi; car la nature n'a pas laissé le faible sans secours contre l'orgueil et la force. Elle lui a inspiré l'art de la ruse; elle lui enseigne mille expédients; il cède, il diffère, il tourne. Oui, l'homme puissant mérite qu'on emploie toutes ces armes contre lui.

Une sage prévoyance peut s'opposer à la ruse.

IPHIGÉNIE

Et une âme pure n'eii a pas besoin.

THOAS

Ne prononce pas légèrement ta propre condamnation.

IPHIGÉNIE

Ah ! si tu voyais comme mon âme lutte pour repousser l'attaque d'un mauvais génie qui veut s'emparer d'elle! N'ai-jc donc ici aucune arme à t'opposer? tu repousses la douce prière, ce rameau gracieux, plus puissant que le fer

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