ACTE Y
àas la main d'une femme; que me reste-Uil pour me défcn- <Ire?Implorerai-je un miracle de la déesse? N'y a-l-il aucune ibrce àos le fond de mon âme ?
THOAS
le sort des deux étrangers semble te causer la plus vire ûquiétode. Qui sont-ils, parle ! ceux pour qui ton esprit s*in- «érasse avec tant de zèle ?
IPHIGÉNIE
Us sont..., ils semblent..., je les crois Grecs.
THOÀS.
Qooi! des compatriotes! et ils ont sans doute fait revivre en loi l'idée flatteuse du retour?
IPHIGÉNIE, après un moment de sHencc.
L'bomme a-t-il donc le privilège exclusif des actions extraoràmm9 A-t-il seul un cœur héroïque et sublime qui eminsse l'impossible? Qu'y a-t-il de grand? Quels sont les faits dont Je récit mille fois répété élève Tâme et la remue toujours, si ce n'est ceux qu'un grand courage a entrepris et couronnés d'un succès invraisemblable? L'homme qui surprend seul pendant la nuit Tarméede l'ennemi ; qui, semblable à une flamme dévorante et inattendue, atteint et ceux qui dorment et ceax qui s'éveillent ; qui, repoussé enûn par les guerriers qui ont secoué le sommeil, s'en retourne chargé de butin sur les chevaux qu'il a pris, sera-t-il seul vanté? Ne prisera-t-on que celui qui, dédaignant les routes sûres, ira parcourant les montagnes et les forêts pour purger une contrée des brigands qui l'infestent? Ne nous reste-t-il rien, à nous? faut-il qu'une îemme faible, dépouillant les attributs de son sexe, oppose la rudesse à la rudesse, vous enlève, comme font les Amazones, le droit de porter le glaive, et venge Toppression par le sang? Pour moi, une entreprise hardie agite mon âme ; je n'échapperai ni à de vifs reproches ni à de grands malheurs si elle ne réussit point; mais c'est dans votre sein que je la dépose, dieux immortels! Si vous êtes amis de la vérité, comme on vous fait gloire de l'être, prouvez-le donc en me prêtant votre appui et en rendant hommage à la vérité en ma personne! ■^Oui, apprends, ô roi! qu'un secret artifice a été forgé : en
vain demandes-tu les prisonniers, ils ne sont plus ici ; ils sont à la recherche des amis qui les atlendent sur le rivage avec un vaisseau. Le plus âgé, que les Furies ont saisi en ce lieu et qu'elles ont maintenant abandonné, c'est Oreste, mon frère, et Tautre est son compagnon, son ami d'enfance, qu'on nomme Pylade. Apollon les envoie de Delphes vers ce rivage avec l'ordre divin d'enlever l'image de Diane, et de lui rapporter sa sœur; il promet en récompense la délivrance au coupable qui a versé le sang de sa mère, et que les Furies poursuivent. Nous voici donc maintenant tous deux livrés à toi ; je viens de remettre entre tes mains les restes de la famille de Tantale : perds-nous... si tu crois le devoir faire.
THOAS
Tu penses que le Scythe sauvage, que le barbare entendra la voix de la vérité et de l'humanité, qu'Atrée le Grec n'a pas entendue?
Tout honmie l'entend, sous quelque ciel qu'il soit né, quand la source de la vie coule pure dans son sein. — Tu gardes le silence, ô roi! que prépares- tu dans le fond de ton âme? Est-ce la mort? Frappe-moi donc la première! car, maintenant qu'il ne nous reste plus aucun moyen de délivrance, je sens le péril affreux où j'ai plongé volontairement par ma précipitation les objets de ma tendresse. Malheur! je les verrai enchaînés devant moi! De quel front pourrai-je dire le dernier adieu à mon frère que j'assassine! Non, je ne pourrai plus soutenir ses regards chéris !
TUOAS.
Les fourbes ! ils ont offert une fable adroite à la crédulité d'une femme depuis longtemps renfermée en ce temple^ disposée à croire tout ce qu'ils désiraient, et ils ont enveloppé son esprit de cette trame mensongère!
IPHIGÉfUE.
Non, non, ô roi! l'on pourrait, il est vrai, me tromper; mais ces deux prisonniers sont sincères et vrais. Si tu découvres le contraire, fais-les périr et chasse-moi; exile-moi, en punition de ma folie, sur le triste rivage d'une île déserte