‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 50 sur 390 · ACT.B I · texte numérisé non relu

ACT.B I

et qoaDd il vous rencontrait, c'est qu'il vous saluait comme on salue son voisin; et quand la frayeur vous prenait, il savait IL. par de si bonnes manières... vous m^entendez. — Et puis ii sortait, il montait à cheval, comme ça lui venait en lêle, qnasi sans suite. Nous avons tous pleuré quand il a cédé ib le gouvernement à son fils... je veux dire, vous m'entenb... que celui-ci est tout autre, qu'il est plus majestueux.

JETTER

Lors de son séjour ici, jamais il ne s*est montré qu*eii jrand apparat et en costume royal. Il parle peu, dit-on.

SŒST.

Gen'estpas un roi comme il en faut aux Pays-Bas. Nos çrinces doivent être francs et gaillards comme nous, vivre et laisser Vine. Nous ne voulons être méprisés ni opprimés, tous lioos diables que nous sommes.

JETTER

h pense que le roi serait un bon mattre s'il était mieux

cmsëU.

SŒST.

Non, non! il n'a aucune inclination pour les Pays-Bas, son

^ur ne sympathise point avec le nôtre, il ne nous aime pas;

^<*n«neQt pourrions-nous l'aimer? Pourquoi Egmont plaît-il

^jii à tout le monde ? pourquoi le porterions-nous tous en

/nomphe? C'est qu'à son air on voit qu'il nous veut du bien;

c'est que la gaieté, la franchise, la bonté, lui sortent par les

yeux; c'est qu'il n'a rien qu'il ne partage avec le maUieu-

'Jûï, et môme avec celui qui n'a pas besoin. Vive le comte

^Egmont! Buyck, à vous à porter la première saule! Durez

^ ^olre maître.

BUVCR.

^ tonte mon âme. Au comte d'Ëgmont I

RUTSUH.

*u vainqueur de Saint-Quenlinl

BUYC&.

Ail héros de Gravelines !

TOUS

Vivat!

66 EGXONT.

RUTSUM.

Saint-Qnentîn fut ma dernière bataille. J'avais bien de j peine à me porter et à traîner ma lourde carabine. J*ai poui tant brûlé là encore plus d*une amorce sur la peau des Fran çais, et j'en suis revenu avec une éraillure de plus à la jamb droite, pour mon congé.

BUTCR.

Gravelines, mes amis ! c*est là qu'il faisait bon ! A nous seuls la victoire. Ces chiens de Welches ne couraient*>ils pas la Flandre, brûlant et grillant tout sur leur passage? Mais nous les avons frottés comme il faut, je m'en vante ! Leurs vieilles moustaches ont tenu longtemps; et ce n'est qu'à îorœ de pousser, de tirer, de presser, que nous sommes parvenus à leur faire faire la grimace et à rompre leurs lignes. Egmont eut son cheval tué sous lui, et la mêlée fut longue : homme contre homme, cheval contre cheval, peloton contre pelolon, sur la grande plaine de sable au bord de la mer. Kais, pendant qu'on se battait, arrivent tout d'un coup, comme du ciel, pifl paf! des boulets dans les rangs des Français. Celait la flotte anglaise, commandée par l'amiral Halin, qui, venant de Diinkerque, s'était placée à l'embouchure du fleuve Il est vrai de dire qu'ils ne nous aidèrent pas à grand'chose, ne pouvant faire avancer que les plus petits bâtiments, et encore pas assez près; et ])uis ils tiraient bien un peu sur nous... Ça fit pourtant bien! Gela démoralisa les Welches et redoubla notre courage. II fallut voir alors! Cric! crac là droite, à gauche! main basse sur tous les ennemis, à l'eau tous! et ils n'en eurent pas plutôt talé qu'ils étouflièrent. Nous autres Hollandais, nous nous y jetons après eux; nous qui sommes des amphibies, nous étions là à l'aise comme des grenouilles, et nous nous en donnions de les sabrer et de les canarder ! — Le peu qui nous échappa fut tué dans la fuit^^ i par les paysannes, à coups de fourches et de râteaux. Sa Ha* jesté welche fut obligée de tendre bien vite la patte et de faire la paix. Et c*est à nous que vous devez la paix, vous la devez au grand Egmont.

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