ACTE I
TOUS
An grand Egmont ! Yive le grand Egmont I vivat I vivat !
JETTER
Si QD nous Favait donné pour gouverneur au lieu de Marguerite de Parme.
SŒST.
^ dis pas cela : le vrai reste vrai! Je ne permettrai point oo dise du mal de Marguerite. C'est à présent mon tour : 'n-e notre gracieuse princesse!
TOUS
SŒST.
Cl* est une vérité qu'il y a dans cette famille d'excellentes îemines. TiTe la gouvernante !
B^eest sage et modérée dans tout ce qu'elle fait; mais elle ^ frop entichée des prêtres. Enfin, c'est elle qui est cause î^e nous avons ces quatorze mitres de plus dans le pays. A çiffl bon? N'est-il pas clair que la fin de tout cela est de pou- '^^ttvustaller des étrangers aux bonnes places dont les chapi- *|^ ^ disposé jusqu'ici? Et on veut nous faire croire que ^^dans rinlérêt de la religion! A d'autres! nous avions ^^de trois évêques : tout se passait convenablement et dans ^^. A présent chacun veut se donner l'air utile; de là ^c chicanes à tout propos. Plus vous secouez la' bouteille, m l'eau devient trouble.
Ils boivent.
SŒST.
y était la volonté du roi. Elle n'y est pour rien et n'y peut ^changer.
Us boivent.
JETTER
'«B que nous ne pouvons plus chanter les nouveaux
P^*^ ! mais des chansons obscènes, tant que nous vou-
1^^. Et pourquoi? Il y a là, disent-ils, des hérésies, des
choses.. Dieu sait ! quant à moi, j'en ai chanté, et, s'il y a du
Nouveau là-dedans, J'avoue que Je n'y ai rien vu.
68 EGHONT.
BUYCK.
Je voulais vous en parler! Dans notre province, nous chari tons ce que nous voulons. C'est qu*aussi nous avons pou gouverneur le comte d'Egroont, qui ne regarde pas â ce\ choses-là, lui. — Â Gand, à Ypres, dans toute la Flandre., chacun chante ce qui lui fait plaisir» (Élevant la voix.) Il n'y è rien de si innocent qu'un chant spirituel; pas vrai, père Ruysum?
RUTSUH.
Eh ! sans doute I c'est une partie du culte, une &çon de sëdifier.
XETTER.
Hais ils prétendent que ce n*est pas selon la bonne manière, selon leur manière. Et comme il y a toujours quelque danger, disent-ils, on fait mieux de s'en passer. Les familiers de rinquisition épient tout cela; plus d*un honnête homme en a été victime. Gêner les consciences! il ne manquait plus que cela. Puisqu'ils m'empêchent de faire ce que je veax, ils pourraient bien au moins me laisser penser et chauler ce qui me plaît.
SŒST.
L'inquisition ne prendra pas; nous ne sommes pas fiiit^ pour laisser tyranniser notre conscience, comme les Espagnols. Et puis la noblesse est intéressée à lui roguer à temps les ailes.
JETTER
C'est très-fâcheux. En6n, s'il vient à l'esprit de ces braves gens-là de faire une descente chez moi, et qu'ils me trouvent assis à mon ouvrage, fredonnant un psaume français, sans pour cela y attacher la moindre idée bonne ou mauvaise, mais le fredonnant parce qu'il est dans mon gosier, me voi\à aussitôt hérétique et conduit en prison. Ou bien', en courant la campagne, je rencontre sur mon chemin un groupe qui écoute quelqu'un de ces nouveaux prédicateurs venus d'Allemagne; je m'arrête uu moment : je suis déclaré rebelle sur la place, et en danger de perdre ma tête. Vous est-i^ arrivé d'en entendre prêcher un?