‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 52 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

SŒST.

De fièresgens! Dernièrement j'en entendis un parler en

me campagne devant des nailliers d'hommes. C'était une

anlre paire de manches que les nôtres, quand ils battent la

csùsse sur leur pupitre, et qu'ils font avaler aux gens du latin

^ CQ étoulTer. 11 a parlé rondement celui-là. 11 nous a dit

^^^Bim quoi nos prêtres nous avaient toujours menés par le

^ et nous tenaient dans la stupidité, et comme quoi nous

/waîionsnous éclairer. — Et tout cela, il vous le prouvait par iaBibk

JETTER

llpeullnen y avoir quelque chose de vrai là-dedans. Je l'ai toujours dit, moi, et j'ai vu clair à tout cela. 11 y a. Dieu merci, assez longtemps que cela me trotte par la tête.

BUYC&.

iossitoutle peuple court après eux.

SŒST.

Je le crois bien, là il y a quelque chose de bon et de nou-

^«au à apprendre.

JETTER

Ett|Q'estce que ça fait, je vous le demande? On peut bien baiser chacun prêcher à sa manière.

BUTGK.

Allons, messieurs ! Tout en bavardant, vous oubliez le vin ^ Orange.

JETTER

. Celui-là, il ne faut pas l'oublier. C'est un vrai rempart : IP crois, en bonne foi, lorsque j'y pense, que si l'on était ^derrière lui, le diable ne serait pas capable de venir ^^«n tirer. A Guillaume d'Orange! vivat 1

TOUS

^m vivat!

SŒST.

Et toi, mon vieux, porte une santé à ton tour.

RUYSUM.

Aux vieux soldats! à tous les soldats ! Vive la guerre!

70 EGHONT.

BUYCR.

Bravo, mon vieux! A tous les soldats! Vive la guerre!

JETTER

La guerre! la guerre! Savez-vous bien ce que vous dites? Que ce mot vous vienne naturellement à la bouche, ça se conçoit; mais de dire à quel point il nous révolte, nous autres, c'est ce qui me serait impossible. Toute Tannée le tamiwur dans les oreilles; point d'autres discours que ceux-ci : Un bataillon file par ici, uft autre par là ; ils ont passé par h colline et se sont arrêtés près du moulin ; là il en est resté tant, tant ici ; ils en sont venus aux mains, et Tun a gagné, l'autre a perdu, sans que de vos jours vous sachiez ce qu'on a gagné ni ce qu'on a perdu ; une ville a été prise ; on a égorgé tous les bourgeois; voici comme on a traité les malheureuses femmes, les pauvres petits enfants. Pas un moment de repos ; des angoisses!... A chaque instant on se dit : « Us viennent/ il va nous en arriver autant. »

SŒST.

C'est pour cela qu'un bourgeois doit être exercé aux armes.

JET^ER

Oui, qu'il aille s'exercer, celui qui a une femme et des enfants! Pourtant j'aime encore mieux entendre parler des soldats que d'eu voir.

BUYGK.

Je pourrais prendre cela en mauvaise part.

JETTER

Ce n'est pas pour vous que je le dis, mon compatriote; c'est pour les garnisons espagnoles... Ah! quand nous avons vu leurs talons, nous avons respiré.

SŒST.

N'est-ce pas? Ils t'étaient furieusement à charge?

JETTER

Allons, des plaisanteries !

SŒST.

Ils avaient de rudes cantonnements chez toi.

JETTER

Tais ta gueule.

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