‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 55 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

lACBIATELU

Gomment?

kârgueritb.

Gomme â l'ordinaire, par son insouciance et sa légèreté, leieçus la terrible nouvdle au moment où je sortais de Tégbe, accompagnée de lui et de beaucoup d'autres. Je ne pus coolenir ma douleur : je me plaignis hautement, et m'écriai â) me tournant vers lui : a Voyez ce qui se passe dans YOtre promce! Et tous le permettez, comte, tous de qui le roi s éudt tout promis? »

HACHIAVELL.

^^cpÊ répondit-il?

MARGUERITE

^^^fA s'agissait d'une bagatelle, d'un rien: c Plût ^OGéyiii-i\^ que les Pays-Bas fussent tranquilles sur leurs «^is Me reste s'arrangerait tout seul. »

HACHIAVELL.

Peut-être ce qu'il a dit est-il plus vrai que sage et que 'e^lueuï. En effet, comment veut-on que la confiance ^^€, tant que le citoyen des Pays-Bas verra qu'il s'agit inoios de son bonheur et du salut de son âme que de ses ncfcesses? Les nouveaux évêques n'ont-ils pas mangé plus de Sws bénéfices qu'ils n'ont sauvé d'âmes? et ne sont-ils pas pour la plupart étrangers? A présent que tous les gouvernements sont encore aux mains des nationaux, les Espagnols ne hissent-ils pas trop clairement paraître qu'ils sont dévorés iun désir irrésistible de s'emparer de ces places? Et un peupfe n*aime-t-il pas mieux être gouverné à sa manière par les ^Qs, que par des étrangers qui ne viennent dans le pays ^pour s'eru-ichir aux dépens de tous, qui apportent avec ^ des principes étrangers, et gouvernent sans bienveil- 'âoce et sans équité!

KARGUERITE.

Ta te ranges du côté de nos adversaires.

MAGHIAy^LL.

Non pas de cœur, et je vou^'^'s que ma raison pût être «Qtiërement du nôtre.

n EGMONT.

MARGUBRITB.

De sorte que, selon toi, je n'aurais rien de mieux à faî qu'à leur céder mon gouvernement; car Egmont et Oran{ se promettent bien cette place. Autrefois ils étaient riva un maintenant ils font cause commune contre moi; ils sont de Venus amis, amis inséparables.

HACHIAVELL.

.Deux hommes dangereux.

MARGUERITE

Faut-il parler nettement? Je crains Orange, et je crains pour Egmont. Orange ne médite rien de bon; sa pensée porte loin, il est mystérieux, fait semblant de consentir à tout, ne contredit jamais, et, avec l'apparence du plus profond respect et une prudence sans égale, il finit toujours par faire ce qui lui plait.

VACHIAYELL.

Egmont, tout au contraire, marche d*un pas libre, comme si le monde lui appartenait.

MARGUERITE

Il porte la tête haute, comme si la main toute-puissante du roi n'était pas étendue sur elle.

MACHIAVELL.

• Les yeux du peuple sont fixés sur lui; tous les cœurs Jui appartiennent.

MARGUERFTE.

Jamais il n'a pris- la peine d'écarter les soupçons, comme s'il n'avait de compte à rendre à personne. 11 continue de porter le nom d'Ëgmont, comme s'il craignait de s'entendre appeler comte (VEgmont^ il prend plaisir à oublier que ses ancêtres ont régné sur la Gueldre. Pourquoi ne prend-il pas son titre de prince de Gavre? pourquoi cette obstination? Veut-il faire revivre des droits éteints?

MACHIAVELL.

Oh! je le crois un fidèle sujet du roi.

MARGUERITE

n ne tiendrait qu'à lui d'acquérir des droits I la reconnaissance du gouvernement, tandis que, sans utilité pour ^i

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