‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 56 sur 390 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ilnoas a déjà fait mi mal incalculable. Les liaisons qu'il a fonnées, les repas, les fêtes qu'il donne, lui ont concilié TaffectioD de la noblesse plus que n*auraient pu faire les conciliaboles secrets les plus dangereux ; et, avec leurs toasts bruyants, ses convives ont créé autour de lui une auréole qui ne se dissipera jamais. Combien de fois n'a-t-il pas remué les e^ts du peuple par ses plaisanteries, et n'a-t-on pas vu la caoaiUe s'arrêter bouche béante devant ses nouvelles livrées, et admirer le luxe ridicule de son cortège?

MACHUVELL.

le suis convaincu qu'il ne mettait dans ces choses-là aucune intention.

HARGUERITE.

Mais il suf&t que ces choses soient mauvaises. Gomme je le ^ tout à Theure, il nous nuit sans en tirer pour lui aucun F^l 11 prend le sérieux en plaisanterie; nous, pour ne pas '^Ds donnerl'air de l'indolence et de la paresse, nous sommes ^^^igés de prendre ses plaisanleries au sérieux. De là mille altmitions qui deviennent ensuite la source des maux les î^ graves, de ceux même qu'on s'efforçait de repousser. Il ^ceat fois plus à craindre que le chef avoué d'une conjura- ^'Oflfle le serait; et je me tromperai fort si on ne pense pas ainsi à la cour. Je ne puis dissimuler qu'il ne se passe peu de jours où il ne me cause un chagrin sensible, très-sensible.

HAGHIAVELL.

En toute occasion il m'a semblé agir d'après sa con-

IIARGUERITE.

Sa conscience est im miroir complaisant. Sa conduite ^souvent très-offensante; il a souvent l'air d'un homme qui ^(lans l'intime persuasion qu'il est le maître, et que s'il ^^tbien condescendre à ne pas le faire sentir, s'il ne nous ^^ pas du pays à l'instant même, c'est que cela viendra 4e soi-même.

HACHIAVELL.

le vous en supplie, ne donnez pas à sa franchise, à cette heureuse disposition d'humeur qui lui fait traiter légèrement

des sujets quelquefois fort graves, une interprétation trop fâcheuse. Vous ne faites par là que vous nuire, ainsi qu*à lui.

MARGUERITE

Je n'interprète lieu, je ne parle que des conséquences inévitables; et je le connais : sa noblesse des Pays-Bas et la Toison d'or qu'il porte sur sa poitrine augmentent soo assurance et son audace; l'un et l'autre peuvent également leproléger contre un mécontentement subit et arbitraire du roi. Penses-y bien : il est Tunique source des malbeo» de la Flandre; c'est lui qui le premier a toléré les docteurs étrangers; peut-être même a'est-il réjoui en secret de nous ^oir ces affaires sur les bras. Mais patience! je saisirai cette occasion pour me décharger de tout ce que j'ai sur le cœur, et la flèche que je lancerai ne sera pas perdue. Je sais par où il est sensible. .. car il est sensible aussi.

MACHIÀVELL.

Avez-vous fait appeler le conseil? Orange s'y rendra-t-ii?

MARGUERITE

J'ai envoyé chez lui à Anvers. Cette fois, je veux leur rappeler catégoriquement la responsabilité qui leur incombe; il faut qu'ils s'opposent sérieusement au mal avec moi, ou qu'ils | se déclarent rebelles. — Hâte-toi de préparer les lettresetde me las faire signer; puis envoie au plus tôt à Madrid le fi^e/e i Fasca, c'est un homme infatigable et dévoué; quecesoinio qui apprenne la nouvelle à mon frère; qu'il devance le bruit public. Je veux lui parler moi-même avant son départ.

HACHIAVELL. ,

Vos ordres seront exécutés promptement çt ponctudleluent.

MlISOll DE BOURGEOIS.

aÂlRE, U MÈRE DE GLAIRE, BRAGREN60UR6.

CLkïRE.

Ne voulez-vous pas me tenir mou éche?cau, Bracienbourg?

CLAIRE

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