ACTE I
BRACKESBOURG.
Je TOUS en prie, Claerchen, épargnez-moi.
CLAIRE
Quelle est donc cette nouvelle lubie? pourquoi me refuser œ petit service d'amitié ?
BRAGKENBODRO.
Arec votre fil, vous m'enchaînez devant tous, et je ne puis plus éviter vos yeux.
CLAIRE
Folies! Allons, tenez-le-moi.
LA HÈRE, sur une chaise, tricotant.
Notons donc, une chanson; Brackenbourg fait si bien la seconde partie! Vous étiez plus gais autrefois, et j'avais toujours sujet de rire,
BRACKENBOURG.
Oni, autrefois !
Chantons.
BRACKENBOURG.
Tout ce que vous voudrez.
GLAIRE
'^oint de façons, et couramment; c'est une chanson mili- ^) mon morceau favori.
.Elle dévide son fil et chante avec Brackenbourg
Le tambour résonne Et le fifre siffle, Mon amant armé Commande la troupe Tenant haut sa lance Et guidant ses gens.
Comme mon cœur bat!
Que mon sang' bouillonne!
Que n*ai-je un pourpoint.
Un chapeau, des chausses!
Alors je suivrais Sa marche rapide A travers provincest A travers le monde !
L'ennemi faiblit... Et nous le battons !
Bonheur sans pareil, 61 fêtais un homoMi
80 EGHONT.
Brackenlioiirg, pendant qn'il cbanuit, a souvent jetj les yeoi sur Clai enfin la Toix lui manque, les larmes lui ▼ieonent aux yeux, il laisse tomJ le fil et va se mettre i la fenêtre. Claire achève sans lui la chanson; mère lui fait un signe de mécontentement. Elle se lève, fait quelques p fers Brackenbourg, revient sur ses pas comme indécise, et s'assied.
LA MÈRE
Qu'y a-t-il dans la rue, Brackenbourg? j'entends passe quelque chose.
BRACKEKBOURG.
C'est la garde de la gouvernante.
GLAIRE
A cette heure? qu'est-ce que cela veut dire? (Elle se lève et
court se mettre à la fenêtre à côté de Brackenbourg.) Ce n est pas la
garde du jour; celle-ci est plus nombreuse; c'est presque toute la troupe. 0 Brackenbourg, allez savoir ce que c'est! il doit y avoir quelque chose de particulier. Allez donc, cher Brackenbourg, faites-moi ce plaisir!
BRAG&ENB0UR6.
Je vais et je reviens immédiatement.
An moment àe sortiTi il lui tend la main; elle lui donne la sienne.
LA MÈRE
Tu le renvoies déjà?
GLAIRE
Je suis curieuse; et puis, ne m'en faites pas un rqiroche^ sa présence me met mal à l'aise; je ne sais jamais que/ ton prendre avec lui. J'ai des torts envers lui, et mon cœar est navré de voir qu'il le sent aussi vivement... Je ne puis pourtant rien y changer.
LA MÈRE
Cest un brave et fidèle garçon.
CLAIRE
Aussi, je ne puis m'cmpêcher de le traiter amicalement. Bien des fois, ma main se serre involontairement lorsqu'il la prend si tendrement, si délicatement. Alors je me reproche de le tromper, de nourrir dans son cœur une vaine espérance ; j'en suis malade. Dieu m*est témoin que je ne le trompe pas; je fais tout pour lui ôter l'espérance, et cependant je ne puis pas non plus Fabandonner au déâC^poir.