‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 88 sur 390 · ACTE IT · texte numérisé non relu

ACTE IT

gros ventre, dont on n'a guère à craindre, mais de celles à longues pattes et à petits corps, qui mangent Siins engraisser, et tendent des ûls qui pour être minces n'en sont que plus élastiques.

JETTRR.

Egmont est cheyalier de la Toison d'or; qui oserait mettre la main sur lui ? Il ne peut être jugé que par ses pairs, par l'ordre assemblé. C'est ta méchante langue, c'est ta mauvaise conscience qui te fait tenir de ces propos.

VANSEN.

Est-ce que je lui veux du mal pour cela? Pas le moins du monde; c'est un excellent homme! Deux de mes bons aniis, <pu partout ailleurs auraient été pendus, il les a congédiés avec une bonne volée de coups de bâton... Hais détalons! je suis maintenant le premier à vous le conseiller. Je vois s'a- ^cer par ici une patrouille, et ils n'ont pas du tout l'air de vouloir fraterniser avec nous le verre à la main. Attendonsles de pied ferme, et bornons-nous au rôle de paisilles spectateurs. J'ai une couple de nièces et un compère cabaretier; s ils en ont taté et qu'ils ne soient pas apprivoibés, ce sont alors de vrais loups enragés.

U PALAIS D'bULE1(B0UR6, DEMEUBB DU DUC D'aLBB.

SILYâ et GOMEZ 96 reaconlrent.

SILVA

4s-tu exécuté les ordres du duc?

GOHEZ.

Ponctuellement; foutes les patrouilles de service ont reçu ordre de se rendre, à une cet taine heure, dans divers lieux <IQe je leur ai désignés; en attendant, elles parcourent la ^lle, comme à l'ordinaire, pour maintenir la tranquillité. Nul ne sait la consigne de son voisin, et chacun s'imagine que l'ordre est poin* lui seul; de manière qu'en un clin d'œil le cordon peut être établi et toutes les avenues du palais occupées. Sais-tu le motif de cet ordre ?

130 EGHONT.

SILVA

J*ai coutunie d'obéir aveuglément; et quoi de plus commode que d*obéir au duct L événement ne tarde jamais à démontrer qu'il a bien ordonné.

GOMEZ

Bon ! bon ! je ne vois rien d'étonnant à ce que tu sois, ainsi que lui, renfermé et monosyllabique, toi qui ne quittes pas sa personne d'un instant; mais c'est pour moi uue chose tout à fait étrange, accoutumé comme je suis au service plus gai des Italiens. Pour la Gdélité et Tobéissance, je suis toujours le vieux Goniez; mais j'ai pris Tliabitude de discourir et de raisonner. Vous autres, vous êtes d'un Uicitume! jaih;iis vous ne vous mettez à Taise. Le dnc me fait TeiTet d*une tour d'airain dont la garnison aurait des ailes. A table, dernièrement, je l'ai entendu comparer un homme gai et accueillant à un mauvais cabaret où Ton vend de l'eau-de-vie pour attirer les oisifs, les gueux et les voleurs.

SILVA

Et ne vient-il pas de nous amener id dans le plus profond silence?

' GOMEZ

A cela il n'y a rien à dire. Certes, celui qui a été témoin de la prudence qu'il vient de d«''ployer en conduisant l'armée d'Italie jusqu'ici, celui-là peut se vanter d'avoir vu cpielque chose. Avec quelle adresse il s'est glissé à travers amis et ennemis, Français, royalistes et huguenots, Suisses et confédérés! comme il a su maintenir la plus exacte discipline, et achever sans le moindre accident cette expédition qu'on croyait si dangereuse! — Oui, oui, nous avons vu quelque chobe, et nous en avons appris long.

SILVA

Et ici, tout n'est-il pas calme et tranquille, comme si aucune sédition n'avait eu lieu?

GOMEZ

Mai!» la tranquillilè régnait déjà prescpie partout quand nous sommes arrivés.

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