SCENE
nuent fort peu à la vue, paraissent beaucoup trop grands pour les décorations s'ils en deviennent trop voisins.
Il n'y a que dans les cas de décorations construites, comme dans le cloître de Robert le Diable, par exemple, que la diminution des fonds est moins exagérée; néanmoins elle existe toujours, et si la disproportion des acteurs et des toiles est moins choquante, elle n'en existe pas moins. Aussi, dans les effets de lointain, a-t-on grand soin de ne jamais laisser remonter les acteurs qu'à une certaine distance de la toile de fond , et les fait-on se tenir vers les premiers plans du théâtre , là où les décors ont encore à peu près les dimensions réelles des objets représentés , et dans tous les cas, et même dans un grand théâtre où la place ne ferait pas défaut , les solistes et les masses ne s'éloignent guère de plus de quinze mètres du cadre de lavant-scène.
Aussi, au point de vue de la circulation et de la marche des acteurs, une très-grande profondeur est presque inutile ; au point de vue de la décoration ellemême, cette profondeur n'est pas non plus indispensable.
L'impression produite par les décorations n'est pas rigoureusement liée à la distance à laquelle est placée la toile de fond; c'est surtout le dessin perspectif, l'agencement des plantations , et la science du clairobscur, qui permet de créer et de varier les effets, et les artistes décorateurs, qui savent mieux que personne les ressources et les exigences de leur art , ne demandent jamais pour faire naître l'illusion une profondeur considérable.
On peut être amené par l'étude de la plantation des
décors et par l'examen de la mise en scène des grands théâtres actuels, à trouver la profondeur moyenne qu'il convient de donner à la scène, et cette profondeur paraît suffisante lorsqu'elle atteint environ deux fois la largeur de son ouverture d'avant-scène; et-, lorsqu'il s'agit de théâtres plus secondaires, où le vaudeville et la comédie sont représentés, cette profondeur peut être bien diminuée, dans certains cas même, n'avoir que la dimension de l'ouverture. Cependant il va sans dire que l'étendue de la scène peut être plus grande sans nuire aux autres services , si ce n'est de repousser un peu loin les pièces qui sont placées derrière elle , et il peut même se présenter quelques cas spéciaux qu'on ne prévoit pas maintenant et qui bénéficieraient d'une profondeur plus grande encore.
C'est pour cela qu'il est convenable de conserver derrière la scène un espace qui puisse au besoin lui être adjoint, et qui l'agrandisse en la complétant. Dans un grand nombre de théâtres étrangers, cette disposition existe , et cet espace est ordinairement affecté à des foyers, à des magasins ou à des salles de répétitions.
Le nouvel Opéra présentera une disposition analogue ; la scène d'une profondeur normale de trente mètres , pourra être agrandie une première fois de près de six mètres, puis au moyen de l'ouverture mobile du foyer de la danse, pourra atteindre dans le milieu jusqu'à une profondeur totale de cinquante mètres. Cela* je pense, pourra suffire à toutes les prévisions.
Mais, si la scène n'a pas besoin d'être très-profonde, elle ne saurait au contraire être trop large. Les couloirs de circulation où doivent de masser les acteurs, les choristes et les comparses, puis les tas et dépôts de