JEANINE, MADAME GRANDIN, MISS SPENCER
MADAME GRANDIN
Voyons, maintenant, et ce salon, est-il un peu présentable? (EUe regarde autour d'elle.) Oui... paS mal : mO-
deste, mais de bon goût. Pourtant, ça manque de fleurs. Jeanne, va chercher les fleurs que tu as cueillies ce matin, et que tu as placées dans ma chambre. Justement, tu les as mises dans les vases du Japon, ça fera bien.
JEANNE
Tout de suite, maman. (EUe sort et revient un instant après avec deux vases de fleurs qu'elle place sur un meuble.) MADAME GRANDIN.
Et cet Anatole qui ne revient pas? Sans compter qu'il va peut-être nous arriver fait comme un voleur, et qu'il n'aura pas le temps d'aller s'habiller avant l'arrivée du vicomte. Ah! miss Spencer, vous nous faites le plaisir, n'est-ce pas, de rester dîner avec nous?
MISS SPENCER
Aoh! mille grâces, chère madame, mais, un jour comme celui-ci, c'était bien de Yindiscrétionne.
MADAME GRANDIN
Du tout! du tout! au contraire. Je veux que vous
voyiez le vicomte et que vous fassiez sa connaissance. Donc, point d'excuses, je ne les accepterais pas.
MISS SPENCER
Alors, je consentais inconsidérément.
JEANNE, qui est rentrée et a placé les vases.
Voilà, maman.
MADAME GRANDIN, regardant.
C'est cela. Et ton frère qui ne rentre pas? Mais toimême, viens donc un peu que je te regarde ? (Eiie la
regarde des pieds à la tète, abattant ou relevant des plis.) PaS mal,
pas mal... ça peut aller. Et moi, comment suis-je?
JEANNE
Superbe, maman, tu es superbe, je t'assure.