SCÈNE II Sieglinde, Siegmund, Hunding
Sieglinde a entendu son époux conduire son cheval à 1 écurie; elle court au-devant de lui; il paraît portant la
lance et le bouclier. A la vue de Siegmund, son regard interroge Sieglinde.
« J'ai trouvé cet homme blessé, évanoui. »
Elle a fait son devoir, Sieglinde suspend au frêne les armes de son époux et prépare le repas du soir, tandis que Hunding s'aperçoit d'une incroyable ressemblance entre sa femme et l'inconnu. Hunding interroge Siegmund. Traqué par des ennemis, il a dû fuir, il ignore où il est.
Au loin jusqu'à l'ouest s'étend la forêt, tout obéit à Hunding, qui voudrait savoir le nom de son hôte imprévu.
Siegmund attablé regarde dans le vide. Sieglinde considère son hôte avec une attraction croissante.
« Accorde au moins à cette femme curieuse ton nom. » Siegmund fixe un moment Sieglinde, et gravement raconte que son vrai nom serait « le fils de la douleur » ; il est fils de Loup, il eut une sœur jumelle qui bien jeune lui fut ravie.
« Un soir, en rentrant, nous trouvâmes ma mère assassinée, sa fille disparue.
« Séparé de mon père, dans un combat, au fond d'un ravin, j'ai vécu misérable, en butte à la haine.
a Qui donc accueillerait sans trembler un hôte maudit par les dieux ? »
« — Tes armes ! Comment les as-tu perdues? » dit Sieglinde.
(( — Une vierge implora mon secours ; on voulait la forcer à un hymen détesté ; mon bras terrassa le bour-
reau et l'époux. Mais la vierge à la vue du sang regretta ses souhaits, elle cria ; je combattis contre beaucoup ; mes armes se brisèrent en mes mains. »
Cela dit, il va au foyer, Hunding se lève.
« — Nous sommes d'anciens ennemis : ma maison t'abrite cette nuit, demain nous combattrons. »
Il rudoyé Sieglinde qui tarde à lui préparer son breuvage. Elle verse des épices dans une corne à boire. Epiée par Hunding, elle se retourne avant de sortir et montre du regard le tronc du chêne .
Hunding prend ses armes et la suit, fermant ses verroux .