SCÈNE IV Sieglinde. Siegmund, Brunnhilde
La Walkyrie tenant son cheval par la bride, sort de la grotte et contemple le groupe des amants. Elle tient son bouclier et sa lance d'une main et de l'autre s'appuye à son cheval.
« Regarde-moi, Siegmund. Le décret du destin t'a marqué, mon regard salue ceux qui vont mourir ; j'apparais aux héros, j'annonce le trépas. »
Où veut-elle le conduire ? Au Valhall. Dès demain Siegmund verra son père. Là les filles de Wotan versent l'hydromel aux héros. Mais Sieglinde le suivra-t-elle ? Non, sa vie suivra son cours, ici-bas.
Siegmund renonce au Walhall ; il ne suivra pas la Walkyrie auprès des dieux ; où vivra Sieglinde, Siegmund restera.
« Tais-toi, tu pourrais effrayer ma compagne. » Et tendrement penché sur elle, il proteste de son invincible amour. Devant cet entêtement de la passion, Brunnhilde s'émeut. Comment préfère-t-il aux délices des Cieux l'amour de cette pauvre mortelle? Non elle ne raille pas ces tristes amours; elle respecte la douleur de Siegmund qui crie : « Si je dois mourir, qu'elle meure avec moi ! »
« — Respecte l'enfant qui s'éveille aux flancs de ta femme. »
Il lève son épée, cette épée qui le trahit et va en frapper Sieglinde et tuer à la fois sa femme et son enfant. La Walkyrie l'arrête, elle change le destin du combat, elle donnera la victoire à Siegmund. On entend le cor de Hunding. Elle disparaît par la droite avec Grane. De lourds nuages se massent et voilent la montagne.