‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 119 sur 166 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Brunnhilde, Wotan, les Walkyries.

Le dieu s'avance vers les Walkyries cherchant à découvrir Brunnhilde. Toutes implorent pour leur sœur. Wotan s'encolère contre elles. Leur a-t-il appris à être des guerrières pour les voir ainsi fondre en larmes? Celle qu'il poursuit maintenant était son désir sous la forme visible ; l'extériorisation de son cœur, et c'est elle qui a méprisé son ordre.

Alors Brunnhilde sort du groupe des Walkyries et s'avance d'un pas lent et résolu: « Père, j'écoute ma sentence. — Tu n'étais quema volonté, tuterébellionnes ; je te confiais mes desseins, et tu te les déjuges ; tu étais mon désir vivant, et contre moi tu t'es obstinée. Tu décidais du destin des combats, et tu as décidé contre moi. Tu n'es plus Walkyrie et déesse, mais une simple femme exilée ici-bas. »

Brunnhilde s'épouvante, Wotan continue : « Tu n'iras plus choisir sur les champs de bataille les héros élus au Walhall ; tu ne me tendras plus la coupe d'hydromel ; je te sépare de la souche éternelle comme un rameau séché ; je te bannis du ciel. »

Les Walkyries crient « Crâce ! »

« Je vais t 'endormir sur ce roc, et je te livre à celui qui viendra. »

Les Walkyries protestent ; un tel opprobre rejaillit sur elles. Wotan ne se laisse pas toucher.

« Brunnhilde n'est plus qu'une femme ; elle jadis l'honneur du Walhall, qu'elle file sa quenouille au foyer conjugal. »

Brunnhilde tombe avec un cri déchirant ; ses sœurs terrorisées s'écartent. Wotan leur ordonne de partir et de le laisser seul avec la coupable.

Avec des cris sauvages, les huit sœurs disparaissent. L'orage s'apaise, et le crépuscule descend graduellement.

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