‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 134 sur 166 · LA CORDE DES NORNES · texte numérisé non relu

LA CORDE DES NORNES

(Décor du troisième acte de la Walkyrie, c'est la nuit. A l'arrière plan, un reflet de flammes.)

Les Nornes drapées à l'antique sont groupées, l'aînée couchée sous les rameaux du sapin à l'avant-scène, l'autre sur un banc de pierre près de la caverne, la

troisième assise sur un rocher plus loin. Elles se tiennent d'abord silencieuses et immobiles.

« — Ce feu ?

« — Est-ce le jour ?

« — C'est Logue ! on ne file pas ?

« — Si, où fixer la corde?

L'aînée fixe un câble d'or à une branche du sapin.

Elle rappelle le temps où un dieu vaillant vint donner un de ses yeux et prit un rameau de l'arbre et y tailla sa lance; l'arbre est mort. Je noue la corde aujourd'hui au sapin vénérable.

L'autre Norne attache le câble à la saillie d'une pierre et parle. «En runes Wotan grava sur sa lance les lois des dieux et des humains. Un héros a brisé la lance dans les mains du dieu. Les guerriers du Walhall attaquèrent le frêne colossal.

Elle jette le câble que la troisième Norne saisit et lance derrière elle. Autour du Walhall, les débris du frêne forment un bûcher ; si la flamme y pénètre ce sera le crépuscule des dieux. « Nouez la corde. » Elle lance le cable à une Norne et l'autre l'attache à une nouvelle branche.

™* Est-ce le jour? Est-ce Logue.

— Logue offrit ses conseils à Wotan ; pour éviter sa tutelle il rongea les runes de l'épieu.

— Les débris de sa lance d'Ase, Wotan les plongea au cœur du méchant ; un jour le dieu les jettera sur le frêne entassé autour du Walhall.

— - Le fil du câble est perdu? Que fit l'Alfe de l'or du fleuve?

— La pierre coupe la corde. Qu'espère le nain ?

— Il faut tendre le câble.

Il casse, il casse. En bas, vers mère, allons. Elles disparaissent.

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