SCÈNE I Gunther, Gutrune^ Hagen
« — Gunther, des Guibighs est-il digne? « — Dame Crimhild m'apprit à l'envier.
« — Quoique je sois l'aîné, Hagen tu as la sagesse. « — Il te manque, Gunther, une femme; Gutrune, un mari.
« — Je connais une femme unique gardée par des flammes; Siegfried seul, fils de Wclse,lapeut approcher : voilà le mari à souhait pour Gutrune ! Son renom sans pareil il l'a conquis en tuant le dragon qui gardait l'or.
« — Cet or a une étrange vertu, dit Gunther.
« — Il donne la toute-puissance, Les nains sont soumis à Siegfried, et lui seul peut avoir la Walkyrie.»
Gunther s'énerve, va et vient et reproche à Hagen de les troubler d'ambitions impossibles.
« — Siegfried pourrait t'amener Brunnhilde, s'il s'éprenait de Gutrune. »
Celle-ci ne se flatte pas de plaire à un tel héros, mais Hagen possède un philtre : si on boit le breuvage mal gique, on oublie tout lien d'amour.
« — Gloire iCrimhild qui me donna un tel frère, mais où trouver Siegfried ?
« — Sa rage de hauts faits l'amènera un jour. »
Les Précédents, puis Siegfried.
On entend le son d'un cor en aval du fleuve.
Hagen voit une barque où sont un guerrier et son cheval ; au coup d'aviron prodigieux, il reconnaît Siegfried ; il le hèle : « — Qui cherches-tu ? — Le fils de Guibigh î »