SCÈNE III Les Précédents, Siegfried
Siegfried aborde, s'appuye sur son cheval et salue Gunther. « Luttons ensemble ou devenons amis. — Sois le bienvenu dit Gunther ; tout ici est à toi. — Moi, dit Siegfried, je n'ai rien que mon corps, à vivre je l'use sans souci, mon glaive que j'ai forgé est ton ami.
« — Tu es maître de l'or des Nibelungs.
« — Il est resté dans l'antre. Je n'ai pris que l'armet.
« — Et l'anneau ?
« — Il est aux mains d'une femme. »
Gutrune porte une corne pleine à Siegfried, il boit à Brunnhilde. Sitôt après, il regarde passionnément Gutrune : il lui prend la main. Elle se dérobe, comme
indigne du héros, qui la suit d'un œil passionné.
oppose l'anneau à l'audacieux : il se jette sur elle, la poursuit et enfin lui arrache l'anneau. Il la laisse évanouie sur le banc de pierre, puis la met debout violemment. Avant d'entrer dans la grotte, il tire son glaive et dit de sa voix naturelle.
« — Détresse, chaste épée, du corps de cette femme sépare-moi. »