‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 37 sur 166 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Le précèdent, Daland, chœur de matelots.

Daland aperçoit le « Vaisseau Fantôme » et secoue le pilote endormi qui hêle avec le porte- voix. Mais Daland aperçoit le Hollandais et s'avance bonhomme, causeur et curieux ; il ne comprend pas beaucoup cette navigation sans but, comme sans relâche, mais l'idée des trésors l'arrête et le fascine, et, quand deux matelots du Hollandais ont apporté un coffre plein de perles et de pierreries, offert pour l'abri d'une nuit, il n'en croit pas ses oreilles et ses yeux. « As-tu une fille, » demande le maudit, « qu'elle soit ma femme? » Daland s'enthousiasme d'un gendre si riche. La tempête s'est calmée. Les matelots mettent voile dehors ; le Norwégien monte à son bord : le Hollandais va le rejoindre en peu d'instants. L'équipage norwégien chante avec allégresse la chanson du pilote.

PRÉLUDE

Le prélude du second acte exprime la joie du retour ; la gaieté de Daland revoyant sa fille Senta, son foyer et

l'ivresse des matelots près d'embrasser leurs femmes ou leurs fiancées.

Le pittoresque ici obligatoire s'accuse avec richesse : et la force descriptive qui s'y montre dépasse de beaucoup déjà le Meyerberisme. Mais cette atmosphère. de beuverie et de lourde danse malgré l'art employé fait trop songer à la kermesse de Rubens.

Exprimer la vie animale ne convient qu'à l'artiste qui étudie et se prépare à œuvrer ; il y a du reste bien des pages de musique qui valent ce prélude, sans âme, que celle instinctive des matelots.

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