‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 61 sur 166 · SCÈNE III Les Précédents, Lohengrin · texte numérisé non relu

SCÈNE III Les Précédents, Lohengrin

Pendant que le chœur chante : « Miracle, miracle inouï, et que nul n'avait vu.

« Salut à toi, ange ou héros envoyé par Dieu ! » la nacelle traînée par le cygne a atteint la rive ; Lohengrin en descend entièrement couvert d'une cotte de mailles d'argent, casqué, le bouclier à l'épaule, une trompe d'or au côté, la main appuyée sur son épée.

Eisa qui s'est enfin retournée jette un cri d'enthousiasme. Ortrude ne peut cacher son effroi ; quand Lohengrin met pied à terre, un grand silence se fait. Lohengrin s'incline devant l'oiseau : « Adieu, mon cygne aimé, à toi merci. Retourne à travers l'onde lointaine, aux lieux où la nacelle me prit : Ne reviens que pour une cause

heureuse, si ton destin le veut ainsi. Adieu mon cygne aimé. »

Le cygne s'éloigne avec la nacelle ; Lohengrin le suit longtemps des yeux, puis il s'avance, salue le roi : il est envoyé pour défendre l'innocence d'Eisa. Le choisit-elle pour champion? Elle se jette à ses genoux. Il faut qu'elle fasse une promesse. Jamais elle ne lui demandera ni d'où il vient, ni qui il est, ni comment il se nomme; par deux fois, avec une insistance grandissante, il répète le sermenl qu'il exige, et quand elle a juré, il l'attire contre son cœur : « Eisa, je t'aime. » Le chœur dit l'enchantement de ce spectacle. Lohengrin remet Eisa à la garde du roi et s'avance provoquant Telramund au jugement de Dieu. Les Brabançons dissuadent vainement Frédéric. Trois Saxons pour Lohengrin, trois Brabançons pour Frédéric, limitent le champ clos. Le héraut rappelle les règles. Le roi commence une prière ; tous, sauf Ortrude, implorent le Seigneur. Les trompettes sonnent, le roi arrache son épée de terre et frappe trois fois son écu. Après plusieurs passes, Telramund est à terre : « Je te laisse la vie ; consacre-la au repentir. » Le chœur exulte, Ortrude exhale sa rage. On élève Lohengrin sur son bouclier, Eisa sur celui du roi, on les porte ainsi au milieu des cris d'allégresse.

Page 1