ACTE II
Le burg d'Anvers, au fond le palais, à gauche la Kemenate, à droite le porche de l'église. Il fait nuit, le palais est éclairé.
Frédéric et Ortrude, en vêtements sombres, sont assis sur les marches de l'église.
PRÉLUDE
Le désespoir de Telranïund, l'hébétude de sa foudroyante défaite et la haine têtue d'Ortrude qui ne désarmera jamais, se peignent en ce sombre prélude. Ce guerrier sans vouloir, instrument docile aux mains de la sorcière Ortrude, a été vaincu par un miracle : il souffre encore plus de la surnaturalité de son désastre que de sa honte même ; et la prêtresse des vieux dieux vaincus, Ortrude, ne comprend pas encore quelle puissance déjoue ses sortilèges. Le couple atroce est plongé dans la stupeur : ils sont effarés autant que frappés, étonnés affreusement en même temps que perdus à jamais.