SCÈNE I Frédéric et Ortrude
« Debout, compagne de ma honte. » Non, Ortrude ne s'avoue pas vaincue. La colère de Frédéric éclate : par elle, il voit son épée brisée, son écusson fracassé, son foyer maudit : il n'a plus d'honneur, il s'affaisse, tandis que les trompettes retentissent dans le palais. Ah ! que ne lui a-t-on laissé une arme pour se venger d'elle, car c'est elle qui prétendit avoir vu le crime de ses yeux : Eisa noyant son frère dans le vivier ; elle l'a fait renon-
cer à la main de la douce Eisa. Ortrude, dédaigneuse des fureursde Frédéric, l'avertit que maintenant c'est l'heure où vont luire ses yeux de voyante : obligé de dire son nom et sa race, Lohengrin perd son pouvoir : seule Eisa peut lui arracher son secret. Il faut donc que Frédéric l'accuse publiquement, afin de mettre le doute dans l'âme d'Eisa. Ensuite, l'être qui tient sa force d'un charme la perd aussitôt si on lui enlève la plus petite partie de son corps, un doigt, le bout d'un doigt. Frédéric se croyait frappé par le bras de Dieu. C'est donc un charme perfide qui lui a dérobé son honneur : il pourrait encore prouver sa sincérité ! Ah ! la vengeance illumine la tfuit de leur cœur.