TRISTAN & ISEULT
Le poème fut écrit dans l'été de 1857 et fini en septembre.
La partition du premier acte fut envoyée à Breitkpof le 3 avril 1858. Le deuxième acte, écrit à Venise, porte la date du 2 mars 1859.
Le troisième acte fut fini à Lucerne en août 1859.
L'œuvre fut faite en deux ans d 857-1859.
Le 9 août 1 859, Liszt télégraphiait à Wagner :
« Au « Tristan » terminé les plus cordiaux souhaits. »
« Tristan et Iseult » fut représenté pour la première fois, le 19 juin 1865, à Munich, par les soins de de Bulow, il y eut quatre représentations.
Tristan, Schnorr. — Iseult, Mme Schnorr. — Brangœne, Deinet. — Boi Marke, Gottmayer. — Kurwenal, Nitterwur, zer. — Melot, Heinrich.
Hans de Bulow dirigea les quatre soirées.
En juin 1869, on reprit l'œuvre à Munich avec les Vogl dans « Tristan et Iseult. »
A Weimar, le 14 juin 1874, avec M. et Mme Vogl et Mlle Potter dans Brangume, Milde, Brandslœttner.
Vogl et Sucher, en 1886, 89 et 92 à Bayreuth.
En 1891, Alvary remplaça Vogl.
C'est Félix Mottl de Carlsruhe qui dirige Tristan à Bayreuth.
PERSONNAGES
MAKKE, roi de Cornouailles.
TRISTAN, chevalier breton, neveu de Marke.
KURWENAL, écuyer de Tristan.
MELOT, officier de Marke.
ISEULT, princesse d'Irlande.
BRANGOENE, suivante dTseuIt.
Un mousse, un pilote, un berger.
Matelots, chevaliers, écuyers.
L'action est au vie siècle.
Premier acte, en mer, sur le pont d'un navire. Deuxième acte, dans le parc royal de Marke, en Cornouailles. Troisième acte, dans la cour du burg de Tristan, à Kareol en P>retagne.
PRÉLUDE
Le motif du désir s'élève avec l'effort d'une poitrine angoissée, sitôt combattu par le thème de mort : et chaque élan nouveau amène pour relatifs et ^résolution, la phrase du philtre magique. C'est la mise en œuvre de la volonté de vivre et de l'aspiration au nirvana des bouddhistes, mêlés, en* chevêtrés.
Nulle tristesse n'atteint cette tristesse de désir brisé. Nulle détresse n'approche de ce désastre.
Ailleurs les événements contraires se dressent infranchissables ; ici la sinistre loi du monde remplace l'événement.
Désirer et mourir; mourir et désirer, dit Tristan en sa dernière plainte, et l'entrecroisement de ces deux Kères, forme la trame de ce prélude et de l'œuvre. Ainsi l'âme humaine dans son caractère essentiel et la vie en sa fatalité, voilà le thème d'une immense portée qu'encadrent les amours légendaires de Tristan et ïseult.
Les derniers quatuors de Beethoven seuls nous découvriraient les mêmes abîmes d'âme. L'art ici a jeté sa sonde et rapporte à la lumière ce qui gît de plus caché et de plus mystérieux.
SI