SCÈNE 1 Iseult, Brangœne
On entend d'abord la chanson d'un mousse sur la hune. « Fille d'Irlande, est-ce le vent de tes soupirs qui gonfle mes voiles ! » Iseult tressaille, le chant la raille. Avant ce soir, dit Brangœne, nous aborderons à la terre verdoyante de Cornouailles. « Jamais, s'écrie Iseult » : 0 magie, art déshonoré, qui se borne à des philtres, à des baumes. Dans mon cœur réveille-toi, volonté, puissance invincible : que les vents se déchaînent et brisent ce navire insolent et tous ceux qu'il porte. » Brangœne s'épouvante, elle avait pressenti la catastrophe. Cependant, Iseult a quitté son père et sa mère sans pleurer, et toute la traversée, sans nourriture et sans sommeil, elle est restée muette. Sur le cri de suffocation que pousse sa maîtresse, Brangœne écarte les tentures.