SCÈNE II Les Précédents, Tristan, Kurwenal
On voit tout le navire maintenant. Au milieu, des marins travaillant aux cordages ; à la poupe, des chevaliers et des écuyers couchés ; Tristan, absorbé, regarde le flot ; à ses pieds, Kurwenal, On entend encore le chant du
mousse. Le regard d'Iseult est allé droit à Tristan : « Élu pour moi — perdu pour moi — noble, pur, courageux et lâche, tête condamnée, cœur perdu ! » Il n'osera pas s'approcher d'Iseult, il oublie même la courtoisie pour éviter le regard de sa suzeraine. Que Brangœne porte à l'orgueilleux l'ordre de paraître ici, à l'instant. « Faut-il le prier de venir te saluer? » — « J'ordonne au vassal de craindre sa maîtresse, moi Iseult. »
La suivante traverse le pont jusqu'à la poupe, suivie de l'œil par Iseult. Kurvvenal avertit Tristan d'un message d'Iseult. » Le héros répond que l'on arrivera avant que le soleil ait disparu. Brangœne redit sa demande.
Certes, Tristan s'approchera de sa souveraine tout à l'heure, pour la conduire au roi.
En tout lieu, il se conduit envers les femmes en galant chevalier : il ne peut à cette heure abandonner le gouvernail.
Alors Brangœne redit les termes impérieux d'Iseult. C'est Kurwenal qui répond avec violence. Qui donne la couronne de Cornouailles et l'héritage d'Angleterre à l'Irlandaise, est-il vassal, il donne Iseult elle-même à son oncle Marke, et Kurwenal chante malgré Tristan. « Morold s'embarqua pour recevoir le tribut de Cornouailles ; une île flotte sur la mer, c'est là qu'il gît, sa tête suspendue dans la terre irlandaise, voilà le tribut anglais. Comment notre seigneur Tristan peut-il payer tribut. » Kurwenal quitte le pont, l'équipage reprend en chœur la finale de Kurwenal. Brangœne, revenue, ferme les tentures.
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