‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 72 sur 166 · SCÈNE III Iseult, Brangœne · texte numérisé non relu

SCÈNE III Iseult, Brangœne

Iseulta entendu les propos del'écuyer.

Certes elle pourrait répondre ainsi :

Dans un canot flottant à la dérive gisait un mourant ; il connut les bienfaits de l'art d'Iseult ; il disait se nommer Tantris ; mais elle reconnut Tristan par son épée où s'ajustait un débris d'acier trouvé dans le cru ne fendu du chevalier irlandais, envoyé en dérision.

Alors elle saisit l'épée de Morold pour le venger ; mais ses yeux rencontrèrent ceux de Tristan, l'épée tomba de ses mains, elle le guérit et le laissa partir ensuite pour cesser le supplice de sa vue.

Il jura reconnaissance et dévouement, il revint sur un orgueilleux vaisseau demander l'héritière d'Irlande pour le vieux roi Marke. Morold vivant eût-il osé ? Hélas ! pourquoi a-t-elle laissé tomber l'épée, la voilà servante de son vassal. Malédiction sur lui, vengeance et mort, « mort à nous deux » .

Brangœne entraîne sa maîtresse vers le lit de repos et la raisonne : Tristan lui a donné la plus splendide des couronnes ; il a renoncé à son propre héritage pour l'honorer reine. Tristan est le plus accompli des hommes.

« Voir cet homme accompli toujours près de moi, sans amour ! » s'écrie Iseult.

Un homme pourrait voir Iseult sans l'aimer î Ne connaît-elle pas les arts de sa mère, qui prévoyante, a donné à Brangœne des philtres.

Elle ouvre un coffret d'or. Voici, parmi les baumes et les contrepoisons, le breuvage du salut. Non, Iseult désigne un autre flacon. « Le breuvage de mort! » s'écrie Brangoene.

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