‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 74 sur 166 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

(Jardin, grands arbres devant le palais d'iseult; près de la porte, une torche brûle dans la nuit splendide. Brangœne écoute le bruit de la chasse qui s'éloigne.)

C'est le son des cors, dit Brangœne. — C'est le feuillage qui bruit, le ruisseau qui murmure, répond Iseult. — Il faut prendre garde à Melot, insiste Brangœne : il ourdit quelque trame contre le fidèle de Tristan. Cette chasse

nocturne cache un piège. Brangœne se lamente sur son œuvre et répugne à éteindre le flambeau, signal qui fera accourir Tristan. « Ton œuvre ! s'écrie l'héroïne, connais-tu pas dame Minne, la déesse d'Amour. Je suis désormais sa vassale. » Iseult saisit la torche. Dame Minne veut que la nuit se fasse. La lumière, fût-elle celle de sa vie, Iseult l'éteint en riant et sans crainte.

Brangœne navrée monte sur la plateforme. Iseult interroge les ténèbres et agite son écharpe. Sa mimique ravie fait voir qu'elle aperçoit son amant.

Page 1