SCÈNE III
« Tristan, sauve-toi! » Marke et Melot paraissent. Brangœne accourt. Iseult, par pudeur, détourne le visage tandis que Tristan jette son manteau sur elle. L'aube vient.
Marke reste morne. « Avais-je tort d'accuser ? » dit Melot. Tristan, l'air égaré, invective le jour et ses spectres. « Où te caches-tu désormais, vertu, puisque Tristan me trahit ? » s'écrie Marke. Tristan baisse la tête avec accablement.
Le roi cédait au vœu du peuple, au vœu de Tristan lui-même, en épousant Iseult ; maintenant que la vue d'une telle merveille avait rajeuni son cœur, Tristan le frappe dans son honneur : « Roi, répond le héros, je ne dirai jamais mon secret. » Il se tourne vers Iseult: « Veutelle me suivre dans la contrée ténébreuse, le pays de la nuit? »
« Où est l'asile et le foyer de Tristan », là ira Iseult. Tristan la baise au front.
Melot bondit sur le héros par jalousie car la vue d'Iseult aussi l'avait ébloui: son ami l'a trahi auprès du roi, que lui-même trahissait.
Tristan est blessé et tombe dans lesbras de Kurwenal, Iseult se jette sur son sein, Marke contient Melot.