ACTE III
(Le jardin du burg : à travers les embrasures on aperçoit la mer. L'aspect a un caractère de château abandonné.
Tristan est couché sur un lit de repos, à l'ombre d'un tilleul. A son chevet, Kurwenal. On entend la mélodie d'un chalumeau.)
PRÉLUDE
Tristan va mourir, seul loin d'Iseult ; mortellement blessé par Melot, il s'éveille d'un long évanouissement dans la cour de son burg qu'il quitta pour chercher gloire et aventures : il le revoit ce burg natal d'un œil déjà voilé par la mort. Une série de tierces égrènent leur désolation. Jamais pareille expression de solitude, d'abandon, de désespoir sans recours n'a frappé l'oreille humaine ; et des accents de mort seraient moindres que cette angoisse, cette sueur de l'agonie d'une àme.