SCÈNE V Tristan, Iseult
Il tombe dans les bras de son amante et, les yeux sur ses yeux, s'affaisse et meurt. Vainement elle dit : « C'est moi, doux ami. Veille une heure encore. Où est ta blessure, que je la guérisse afin que nous vivions encore les saintes délices de la nuit. Ne meurs pas de la blessure, mourons ensemble. Ne pourrai-je encore une fois, rien
qu'une fois, te dire mes plaintes, Tristan, monbien-aimé ! voici la nuit. »
Elle tombe défaillante sur le cadavre.
Kurwenal, revenu depuis un moment, a suivi toutes les péripéties, anxieux, effrayé. Soudain un bruit d'armes, un tumulte au dehors.
Le berger franchit le rempart et s'approche de Kurwenal : un second navire cingle vers la terre ; l'écuyer regarde par-dessus le parapet, tandis que le berger contemple de loin les deux amants, avec une émotion religieuse.