‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 125 sur 242 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

TITE, GESIPPE.

TITE

L'Heur des panures humains chaque iour diminue, Et iamais en vn point stable ne continue, Pareil à ces vaisseaux à la rade flotans, [304] Sujets à varier pendant le plus beau tems: Ainsi fortune oppose au calme de ma vie, 6 En ce bord étranger vn trait de son enuie, Elle me va rauir pour vne autre moitié. Ce trésor que m'acquit le droit de l'amitié, 9 Ce Gesippe l'honneur d'Athènes qui l'honore, Phœnix que la vertu chez elle fît éclore : Vne chaste beauté sous la iugale loy, 12 Désormais, désormais le sépare de moy, Vne ieune beauté autant vaut, possédée, Me rend desia, me rend misérable en idée, 15 Qui n'ay plus où pouuoir mes secrets décharger, Auec qui, les ennuis suruenus, alléger, Auec qui compagnon des lettres & des armes, 18 (Ah ce regret quasi me prouoque les larmes) Couler vn célibat dont la félicité Me faisoit impassible à toute aduersité. 21 0 joug pernicieux, à peine que mon ame En sa iuste douleur contre toy ne déclame, Ton vtilité nuit dommageable souuent, 24 Et ses fruits a qui croit le contraire, suruend, Fruits pareils à la rose au milieu des épines, Mais que sert vn penser sur lequel tu t'obstines? 27 Tel destin coniugal ne se reuoque plus:

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