V. 145—76. TRAGI-COMEDIE
NOVERICE.
Mais du regard après au deuis on aspire, Du deuis Ja douleur amoureuse s'empire, 47 L'impatience croît, & la cupidité
Porte tousiours le cœur au but prémédité.
LE MARQVIS.
0 dure conséquence, ah! que ne peut mon ame 50 Montrer aperte, à nu la candeur de sa flame. Vous aideriez, fléchie, à me ressusciter, Et pareilles faneurs licites susciter.
NOVRRICE.
53 Qui croiroit amortir pareille conuoitise, Auec la priuauté d'vne honnête hantise, Toutesfois :
LE MARQVIS.
Pitoyable ôtez ce repentir 56 De ne vouloir ma perte iniuste, consentir.
NOVRRICE.
Epiez, vigilant, l'heure que sur la porte Seulette, elle m'aura de fauorable escorte, 59 Fauorable pour vous, car lors ie feray tant, Que, peut-être, Tirez en discours arrêtant.
LE MARQVIS. [237]
0 promesse qui m'es plus chère qu'vn empire, 62 L'espoir de ton effet allège mon uiartire,
Tu charmes ses douleurs, qui iusques à ce iour Me consommèrent vif dans les fiâmes d'amour.
NOVRRICE.
65 Capitulon premier, que modestement sage, En cas que seule k seul, attrapée au passage, Vn mot n'échappera qui la puisse oifenser, 68 Qui puisse tant soit peu l'honneur intéresser, Sur peine.
LE MARQVIS.
De subir à la moindre insolance, (Au cas que le respect mon désir ne balance) 71 Vne punition d'exil perpétuel,
Supplice cent fois plus que la parque, cruel.
NOVRRICE.
Monsieur, iusqu'au reuoir, l'heure s'en va passée 74 Qu'on m'attend au logis pour aflaire pressée. Prenez cette émeraude, arres de l'auenir. Afin qu'elle m'imprime en vôtre souuenir.
Hardy IV. 9
132 FREGONDE. v. 177-213.
NOYRRICE.
77 Hé Dieu que faites-vous, mille mercis, ie iure,
Chère la conseruer iusqu'à la sépulture:
Or adieu derechef, ne désespérez point, 80 Possible que vos vœux tomberont a leur point.