‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 12 sur 99 · INTRODUCTION • XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION • XIII

pucelagre, s'avisa, pour le subjuguer, de s'en donner un, ce qui parut un moment vraisemblable, parce que le jeune Grammont avait reçu d'une nature bienfaisante... (Les auteurs n'ont pas osé imprimer la Jln de la phrase.)

« La scène se passa dans un repas donné chez Sophie Arnould, où je me trouvai avec le prince d'Hénain (sic), l'amant en titre de l'actrice, mais non l'amant en faveur, parce que la nature était loin de lui avoir donné le grand talent de l'Hercule Adonis de ving't ans; c'était même à cause de cette faiblesse d'org'anes que le comte de Laurag-uais, l'amant en crédit, l'appelait, dans son ing'énieux persiflag-e, le Prince conservateur. Ce dialog-ue fut chanté pour la première fois un jour où il y avait un bal public à l'Opéra; presque toute la compag'nie se dispersa vers onze heures, avec promesse de se rassembler vers les deux heures du matin à la salle de bal; tous ces préliminaires sont nécessaires pour l'intellig-ence de cette folie amoureuse et surtout pour entendre le badinag-e ing'énieux de Sophie, qu'on lira peut-être avec quelque intérêt dans une postface. »

Parmi les productions écloses dans ces milieux hyper-g-alants, il y a, somme toute, beaucoup de futilité, la plupart du temps aussi quelque amoralité. Certaines semblent même des g-ag-eures de maisons closes, et nous hésiterions à croire qu'elles ont vu le jour de la scène si nous n'avions à ce sujet des confidences suffisamment précises. Mais il y a aussi des œuvres charmantes. Leurs auteurs ne sont ^pas des dramaturg-es de g^énie ; ils ont surtout le talent, l'ing-éniosité d'imag-iner des intrig-ues grivoises, des actions mouvementées, des situations libres, des dialog'ues émoustillants.

Au reste, on ne peut vraiment connaître le dix-huitième siècle et son amour du plaisir si l'on ignore cette littérature de second plan, fort agréable, au demeurant, à parcourir.

B. de V.

Le Luxurieux

COMÉDIE

En un acte et en vers • Par le S'' L. G., comédien ordinaire du roi.

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Le Luxurieux a paru pour la première fois vers 1782. Cette tomédie fut publiée aussi, en même temps que divers contes piquants, vers 1788. Elle a été réimprimée dans les Pièces libres, de Ferrand (Londres, 1788), dans VAbatteur de noisettes (La Haye, 1741)» dans le Théâtre Gaillard (Glasg-ow, 1776), et dans les Et rennes libertines pour l'année ijàS, où elle est intitulée Le libertin puni.

Elle est l'œuvre de Leg'rand (Marc-Antoine), artiste dramatique de la Comédie Française (1678-1728). Aucun document ne nous permet de dire sur quelle scène elle fut jouée, ni même si elle le fut.

Le Luxurieux

Comédie

ACTEURS

Valère, amoureux d'Ag-nès.

Isabelle, sœur de Valère, amante de Branlard.

Branlard, avocat, amant d'Isabelle.

Agnès, pensionnaire qui sort du couvent, amoureuse de Valère.

BiBi, cousine d'Agfnès.

Paillardet, valet de Valère, et dég-uisé en aumônier.

Barbe, suivante d'Isabelle.

Pousse, camarade de Paillardet, et déguisé en notaire.

Courtaud et La Babine, témoins.

La scène est à Paris, dans la maison de Valère.

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