‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 25 sur 99 · SCÈNE XII VALÈRE, ISABELLE, BRANLARD · texte numérisé non relu

SCÈNE XII VALÈRE, ISABELLE, BRANLARD

ISABELLE

Mon frère, en vérité, vous méritez cela, Mais je plains cependant l'état où vous voilà.

VALÈRE, en fureur.

Enfin je suis donc pris ! Qui l'eût pu jamais croire ? Je viens de remporter une belle victoire !

24 THEATRE d' AMOUR AU XYUl'^ SIECLE

Je puis bien m'en vanter ! 0 triste souvenir ! Quel transport me saisit ! Je perce l'avenir, Je vois déjà, je vois cette déesse immonde Que l'enfer enfanta pour tourmenter le monde. La pâleur l'accompagne et ses avant-coureurs Viennent me préparer à toutes ses fureurs. Déjà je vois couler le poison qu'elle apprête, Les yeux de ses serpents m'environnent la tête, Ses deux jeunes coursiers s'élancent contre moi; Bouffis, g-onflés de rag"e, ils me g-lacent d'efifroi. En ce cruel état, ô ciel ! que dois-je faire ? Ah ! barbare, autrefois tu fis mourir mon père ; Mais je te tiens.

ISABELLE

0 dieux ! quels violents transports t Ah ! pour le secourir employons nos efforts.

VALÈRE

0 fils de Jupiter, redoutable Mercure,

J'implore ton secours dans ma triste aventure.

Mille et mille qu'on voit affligés comme moi

Dans leur malheureux sort n'ont eu recours qu'à toi.

En ce puissant danger je réclame ton aide;

Mais avant d'en venir à ce cruel remède.

Vengeons-nous, cher Branlard, au milieu de nos maux;

Allons nous signaler par des exploits nouveaux;

Ne perdons point de temps, courons de belle en belle

Promener le présent d'une beauté cruelle.

Nous pouvons désormais, sans courir le hasard,

De ce fatal présent en tous lieux faire part :

Puisqu'un sexe perfide aujourd'hui nous le donne.

Il ne faut pas du moins rien avoir à personne,

Rendons avec usure. Il faut que dans ce jour,

Puisqu'il vient de la flûte, il retourne au tambour.

LA COMTESSE D OLOXXE 2»

BRANLARD

Oui, c'est bien dit; allons, que rien ne nous arrête. Reprenons du courage et du poil de la bête.

(Ils s'en vont.)

ISABELLE, au parterre.

Messieurs, le ciel vous offre un bel exemple aux yeux ; Après cela, malheur à tout luxurieux.

La Comtesse d'Olonne

COMÉDIE

En un acte et en vers Attribuée à GRANDVAL le Père.

(S. 1. n. d., Paris, 1788.)

lia Comtesse d'Olonne

La Comtesse cVOlonne est attribuée à Nicolas Racot de Grandval, maître-joueur de clavecin, qu'on appelle Grandval le Père, pour le distinguer de son fils, qui fut artiste de la Comédie-Française, amant et presque mari de M"" Dumesnil, sa coUèg-ue, et qui composa, lui aussi, nombre de pièces libertines, voire môme quelques-unes scatblogiques.

On attribue aussi cette comédie à Corneille Blessebois, l'auteur du liât, et à Bussy-Rabutin, qui a conté dans la France galante les débordements de la comtesse d'Olonne.

Voir, sur les mœurs hors nature du comte de Guiche et de son ami Manicamp, les Anecdotes secrètes pour servir à l'histoire des Ebugors (Bibliothèque des Curieux, 1910.)

La Comlesse d'OIonne

Comédie.

ACTEURS

Argénie, la comtesse d'OIonne.

BiGDORE, le comte de Guiche.

GÉLOxiDE, la comtesse de Flesque.

L'abbé, l'abbé de Roye.

Marcelin, Marsillac.

Lise, femme de chambre de la comtesse d'OIonne.

Castellor, le duc de Castres.

Manicamp, g-iton du comte de Guiche.

Gandalix, le duc de Candale.

Le théâtre représente, à l'ouverture de la pièce, la comtesse d'OIonne couchée sur un lit de repos, sa femme de chambre assise dans un fauteuil à côté de son oreiller : la comtesse s'éveille en sursaut, épouvantée du rêve qu'elle vient défaire.

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