SCÈNE IV Mme AMBOISEL, M^e MERLET, MARIANNE
M™e MERLET
Bonjour, ma commère, comment va la santé?
78 THÉÂTRE d'amour AU XYIII^ SIECLE
M"^^' AMBOISEL
Et toi, mon enfant, comment te portes-tu ? Est-ce là cette grande fille dont tu m'as parlé ?
M™*^ MERLET
Oui, ma commère, c'est elle-même ; voyez si vous pouvez faire quelque chose pour elle, la pauvre enfant cherche une place, cela serait gentil, au moins, si ça avait un habit sur le corps, n'est-ce pas?
MARIANNE
Je serais bien obligée à madame si elle pouvait me trouver une bonne condition.
M™^ AMBOISEL
Est-ce que vous voudriez servir, mon enfant? Fi donc ! on est misérable dans le service et on ne gagne rien.
MARIANNE
Je n'ai pas le moyen de me mettre en métier et je ne sais rien faire.
M™^ AMBOISEL
Une grande fille comme vous ne sait rien faire ? Jour de Dieu !
M'"*' MERLET
Elle est assez simple,- comme vous voyez.
MARIANNE
Mon père et ma mère ne m'ont jamais rien fait apprendre.
M"^e AMBOISEL
Est-ce que vous ne savez pas faire ce qu'ils ont fait quand ils vous ont faite? La grande innocente !
MARIANNE
Comment, madame?
U^^ AMBOISEL
Rien, rien ; montrez-moi un peu votre gorge, ma fille;