‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 50 sur 99 · SCÈNE VI M'»e AMBOISEL, M. FRIPONNEAU · texte numérisé non relu

SCÈNE VI M'»e AMBOISEL, M. FRIPONNEAU

M™« AMBOISEL

Ah ! ah ! c'est vous, monsieur Friponneau.

M. FRIPONNEAU

Lui-même, vieille bougresse.

M'n« AMBOISEL

Le compliment est tout à fait joli et fort séant dans votre bouche. Qu'avez-vous donc, monsieur Friponneau, vous me paraissez tout renfrogné; je vous ai pourtant, ce me semble, assez bien servi.

M. FRIPONNEAU

Oui, comme une chienne que je ferai mettre à l'Hôpital.

Mii^ AMBOISEL

Je t'en défie, vieux ladre... Mais la raison, monsieur Friponneau, s'il vous plaît?

84 THEATRE d'aMOUR AU XVIII*' SIÈCLE

M. FRIPONNEAU

La raison ne sera pas long'ue à déduire. Comment! je viens ici, il y a quelques jours, te demander une fille qui soit saine, et tu m'envoies une gueuse qui me fait accroire qu'elle a son pucelage et qui m'en a donné pour mes cinquante jours dans le ventre.

M"'<' AMBOISEL

Allez, allez, monsieur Friponneau, vous devriez un peu plus prendre garde à ce que vous dites; nous n'avons ici que d'honnêtes filles, et je gagerais bien que c'est votre petite coureuse de femme ou votre grande effrontée de servante qui vous auront nanti.

M. FRIPONNEAU

Tu en as menti comme une coquine; cela ne vient que d'ici : vous êtes des gueuses avérées, et je prétends qu'on me rende mon argent tout à l'heure.

M™e AMBOISEL

Je rendrai cent diables à ton col. Ne fais point ici de violence, vieux juif. Holà! La Jeunesse, vous arrivez à propos; faites un peu entendre raison à monsieur, car je me suis époumonnée.

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