SCÈNE VII Mme AMBOISEL, M. FRIPONNEAU, LA JEUNESSE
LA JEUNESSE
Doucement, monsieur Friponneau, doucement; vous pourriez vous faire expédier une grosse de coups de bâton.
M. FRIPONNEAU
Monsieur, avant que de prononcer, entendez, s'il vous plaît, les parties, comme de raison. Cette coquine que voilà est une autre garce...
l'appareilleuse 85
la jeunesse Vous êtes un bélître vous-même, un insolent, de traiter ainsi d'honnêtes dames. Sacre-Dieu! je ne sais à quoi tient que je ne vous fasse rentrer les paroles à coups de pied dans le ventre. Allons, dénichez d'ici.
M. FRIPONNEAU
Apparemment, monsieur, que je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous?
LA JEUNESSE
Pardonnez-moi, monsieur, j'ai l'honneur de bien connaître MM. les Friponneaux, aussi bien que les Volereaux et les Mangreaux. Qu'en voulez-vous conclure?
M. FRIPONNE AU
Que je dois obtenir gain de cause, et que mes parties doivent être condamnées aux dépens, dommages et intérêts.
LA JEUNESSE
Elles y sont bien dûment condamnées, vos parties, monsieur Friponneau, et je vous jure qu'elles le paieront tout du long-.
M. FRIPONNEAU
Monsieur, voici le fait en deux mots, si vous voulez me prêter un moment d'audience.
LA JEUNESSE
Je sais fort bien de quoi il s'agit; mais remettons-en le jugement à quinzaine. Allons donc, tôt, sortez, et ne me fâchez pas.
M. FRIPONNEAU
Je sors... mais...
LA JEUNESSE
Oui, oui, monsieur Friponneau, allez, une autre fois VOUS examinerez mieux les pièces.
8G THEATRE d'aMOUR AU XYIII^ SIÈCLE
M">« AMBOISEL
Vois un peu, La Jeunesse, où va ce vieux chien-là.