‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 69 sur 99 · SCÈNE VII FESSARIDE, seule · texte numérisé non relu

SCÈNE VII FESSARIDE, seule

J'étouffe, je me meurs, j'enrage, je suffoque. Vénus ! peux-tu souffrir que de moi l'on se moque ? Qui plus que moi jamais encensa tes autels? Veng^e-toi, venge-moi du plus vil des mortels. Auprès de Ratanphor sur mon lit je me couche, Je lui mets de ma main la pastille à la bouche. Il l'avale, et je vois changer en un clin d'oeil. Au gré de nos souhaits, la cause de son deuil ; Ce doux présent des Dieux d'une vitesse extrême S'élève audacieux au-dessus de lui-même ; Mais ce roi trop ingrat, en s'enfuyant avec, Me passe insolemment la plume par le bec. Je saute et cours après, de peur qu'il ne m'échappe ; Furieuse, égarée, aux cheveux je l'attrape; Mais il prend ses ciseaux, et ce coup malheureux Ne me laisse de lui qu'un toupet de cheveux.

LE TEMPÉRAMENT l39

Il fuit, ferme la porte, et pour comble d'injure Il me dit mille horreurs à travers la serrure. 0 désespoir affreux ! fatal revers du sort ! Je ne vaux pas, dit-il, le pet d'un âne mort.

(Elle tombe dans un fauteuil .)

Page 1