SCÈNE VIII
T.ES Grands du royaume, les Gardes du roi, le Peuple, NADERI, GASPARIBOUL
UN OFFICIER DE LA GARDE DU ROI, s'adressant au roi.
<^'est en vain, pour nous fuir, que vous g-raissiez vos bottes.
[A un garde.) Attendant la prison, mettez-lui les menottes.
(Appelant la princesse par la porte vitrée.) Princesse, du feu roi faites-nous voir le fils; Vous voyez des sujets qui lui seront soumis.
GASPARIBOUL, à Naderi.
Vois-tu, bourreau, vois-tu que sans ton verbiage, J'aurais eu le loisir d'échapper à leur rage.
NADERI
Je l'ai bien fait exprès, seigneur, et chaque mot,
Par degré, vous rendait à chaque instant plus sot.
Crainte, rage, douleur, effroi, désespoir, larmes.
Frayeur, fureur, chagrin, transport, terreur, alarmes,
De vos regards émus s'emparaient tour à tour.
Et votre âme, à mes yeux, se montrait à plein jour;
Je voyais allonger votre royale face
Et prenais grand plaisir à voir votre grimace;
Vous allez de malheurs sans cesse être assailli
Et vos pieds, à la fin, sont dans le margouilli.