‹ Le Théâtre d'amour au 18e sìecle. Introd. et notesChapitre 86 sur 99 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

MARTON, seule.

Que je suis malheureuse ! A quoi dois-je m'attendre? Pouvais-je soupçonner qu'on viendrait me surprendre ? Eh quoi, c'est un forfait, indigne de pardon,

D'avoir un cœur sensible et tendre ?

Que je te hais, noire prison !

Où de faux préjugés innocente victime, Pour un léger plaisir, qu'on traite comme un crime.

On me prépare sans raison Une rude punition.

Cependant l'heure passe, il faut que je m'occupe

Du projet qu'Agathe a formé.

Rassurons mon cœur alarmé ;

Que les nonnes en soient la dupe;

Je me ris de leur châtiment. Dans mes bras cette nuit je tiendrai mon amant,

De son bonheur je vais l'instruire.

(Elle écrit.) « Glitandre, si pour moi votre cœur s'intéresse, « Venez ce soir au lieu que l'on vous prescrira ;

« La tourière vous conduira

« Dans les bras de votre maîtresse. »

Envoyons le billet bien vite à son adresse. Ah ! quel que soit le sort qui m'attend en ce jour,

Je me livre toute à l'amour.

Page 1